L’éventail « Kyo-sensu »

March 7, 2018

Momoka Shiba – Kaori Kido

 

L’artisanat traditionnel japonais et notamment l’artisanat issu de Kyoto jouit depuis longtemps d’une grande popularité dans le monde grâce à sa réputation de haute qualité. Nous allons vous présenter l’éventail, un produit de l’artisanat japonais.

un éventail classique

 

☆L’éventail

En japonais, « éventail » se dit « sensu » et le préfixe « kyo » correspond au kanji « kyo » de Kyoto : 京扇子. L’éventail est un accessoire traditionnel japonais typique.

 

☆Qu’est-ce qu’on appelle un éventail « kyo-sensu » exactement ?

L’éventail « kyo-sensu » est né à Kyoto et date de l’époque Heian (794-1185). Encore aujourd’hui, il est fait d’une façon artisanale. C’était un accessoire réservé aux nobles de la cour impériale à l’époque Heian. Après l’époque Edo (1603-1867), tout le monde a pu utiliser un éventail, plus seulement les personnes fortunées. Puis, ils ont été commercialisés dans toutes les régions du Japon. L’éventail « kyo-sensu » est robuste et élégant. Aujourd’hui, 90% de la production des éventails japonais est un produit de Kyoto.

 

Le plus souvent, l’éventail est en forme de demi-cercle mais il y a d’autres formes, par exemple en forme de cœur ou en forme du Mont Fuji pour les plus originaux ! C’est très léger, donc facile et pratique à transporter quand on sort. Maintenant, dans les magasins, on en trouve de beaucoup de couleurs différentes et plus modernes.

un éventail en forme de coeur

 

un éventail en forme du Mont Fuji

 

☆Son utilisation

Autrefois, les Japonais utilisaient un éventail uniquement pendant des cérémonies officielles comme une cérémonie de mariage où pendant une pièce comique mimée (Rakugo), les comédiens s’en servaient pour jouer, etc.

Quand il fait chaud, bien sûr, on l’utilise et on peut en faire un soi-même.

 

☆Comment faire un éventail de Kyoto « kyo-sensu » ?

Voici un petit mode d’emploi :

1 – coller deux feuilles de papier japonais washi «和紙» ensemble,

2 – faire sécher et couper selon la forme voulue,

3 – plier en faisant des plis réguliers,

4 – percer un trou entre les deux feuilles de papier,

5 – souffler dans les trous,

6 – mettre une tige de bambou entre les deux feuilles de papier et c’est fini !!

les matériaux pour un « éventail maison »

 

Aujourd’hui, nous utilisons tous les jours un éventail pendant les grandes chaleurs de l’été. On peut en trouver entre 1 000 et 8 000 yens (de 10 à 60 euros). Tout le monde en utilise un, des adultes aux enfants, hommes et femmes.

On trouve quelques boutiques spécialisées à la vente d’éventails à Kyoto.

un magasin d’éventails « kyo-sensu »

 

À Kyoto, il reste encore quelques artisans qui font des éventails « kyo-sensu » mais cependant, le manque de successeurs est un problème pour l’avenir.

 

Si vous voulez acheter un éventail « Kyo-sensu », vous pouvez en trouver dans tous les magasins de souvenirs, à Kyoto. Bien sûr, on trouve aussi des éventails faits en Chine pour 100 yens mais ce n’est pas un produit typique de Kyoto ! C’est dommage ! Si vous venez à Kyoto, acheter un éventail fait sur place, c’est une bonne idée de cadeau-souvenir !!

La poterie «kyōyaki »

par Mizuho Fukuda et Sonoko Watanabe

 

Au Japon, la poterie est une vieille tradition. Ainsi, il y a plusieurs poteries de styles différents. À Kyōto aussi, il y a une culture de la poterie.

 

Le mot «kyōyaki 京焼 » est le nom générique des poteries de Kyoto, celles qui sont produites à partir de la fin du XVIe siècle. Le premier kanji est celui de Kyōto et «yaki » signifie « cuisson ». Par la suite, un nouveau style de poterie appelée « kiyomizuyaki 清水焼 » est apparu, et est devenu le nom le plus utilisé pour les poteries de Kyōto. Autrefois, il y avait un énorme marché de la poterie venant de partout au Japon.

À la fin du XVIe siècle, la vogue de la cérémonie du thé à Kyōto a eu pour effet la naissance de la poterie kyōtoïte. Cette poterie était offerte aux membres du palais de l’empereur, aux seigneurs féodaux, aux experts de la cérémonie du thé, et aux bonzes des temples bouddhistes.

Au XVIIe siècle, il y avait de nombreux experts des poteries «kyōyaki » ou « kiyomizuyaki », et aujourd’hui encore, ces poteries représentent une part de l’artisanat traditionnel de Kyōto.

Voilà un vase de style traditionnel de la poterie « kyōyaki ».

La poterie «kyōyaki » se caractérise par la diversité de ses couleurs et de ses styles. Autrefois, les potiers vivaient à la campagne et utilisaient la terre de leur région pour faire de la poterie. Mais la poterie «kyōyaki » était différente. Comme elle vient de Kyōto, on ne trouvait pas de terre utilisable pour la poterie. Ainsi, les potiers l’importaient d’autres régions à des prix bas, et l’adaptaient à leurs techniques.

Les potiers kyōtoïtes faisaient des porcelaines aussi qui sont également appelées «kyōyaki ».

Sur les photos ci-dessus, nous pouvons voir deux styles très différents de poterie «kyōyaki ».

 

À Kyōto, il y a une école de poterie, et aujourd’hui encore, il existe des jeunes potiers et potières qui font ce style de poterie mais avec de nouveaux design.

Voici par exemple, ci-dessus, une photo d’ œuvres d’une jeune potière.

Depuis la naissance de la poterie kyōtoïte, les potiers de «kyōyaki » ont reconverti une partie de leur maison en atelier. Il n’y avait pas d’espace pour construire des ateliers avec des grands fours à poterie dans Kyōto.

Les potiers travaillaient toujours à la main et ainsi, leurs productions coûtaient plus cher. Un bol pour le thé coûte environ 2 500 yens (environ 20 euros), et un bol que l’on utilise pendant une cérémonie du thé coûte environ 10 000 yens. Les prix sont très différents. Cela peut aller de 5 000 à 300 000 yens environ.

Comme les potiers de «kyōyaki » ont leur atelier à la maison, ces ateliers ont des petits fours et sont privés donc on ne peut pas les voir.

Mais si cela vous intéresse, près du carrefour de la rue Gojō dori et de la rue Higashi-ōji dori, se trouve le Musée commémoratif de Kanjirō Kawaï 河井寛次郎記念館. On peut visiter sa magnifique maison-atelier et ses fours. Il a fait beaucoup de poteries « kyōyaki ». Il est décédé en 1966 à l’âge de 76 ans et après, son habitation avec son atelier ont été reconvertis en musée. Le musée est ouvert tous les jours sauf le lundi, à la mi-août, et autour des fêtes de fin d’année. Les heures d’ouverture sont de 10h à 17h. Le ticket d’entrée est un peu cher (1 000 yens ) mais c’est magnifique.

Il y a environ 300 maisons de potiers qui font de la poterie «kyōyaki ». Il y a beaucoup de maisons célèbres, par exemple, pour le style traditionnel, il y a la maison Raku Kitchizaemon 樂 吉左衛門 ou la famille Raku 樂家, et Eïraku Zengorō 永楽 善五郎. Près du temple Kiyomizu dera清水寺, il y a la maison Miura Chikusen 三浦 竹泉.

Voilà quelques œuvres de ces potiers célèbres.

Il y a un autre musée, le Musée Raku 樂美術館 près du carrefour de la rue Ichijō dori et de la rue Horikawa dori. Le musée est ouvert tous les jours sauf le lundi, de 10h à 16h30. Dans le musée, il y a des œuvres de la famille Raku 樂家 et des documents historiques sur cette famille. La poterie Rakuyaki existe depuis environ 450 ans.

 

Chaque année, du 7 au 10 août, à l’extrême est de la rue Gojō dori, il y a un festival de la poterie. Ce festival a commencé au début du XXe siècle. L’origine de ce festival vient des potiers kyōtoïtes qui vendaient, à prix bas, les produits qu’ils n’avaient pas pu vendre dans leur magasin. Maintenant, beaucoup de jeunes potiers viennent de partout au Japon pour présenter et vendre leurs œuvres.

 

Aujourd’hui, les styles de poterie «kyōyaki » sont vraiment divers.

Voilà les poteries « kyōyaki » vendues au magasin «Seïgadō Tōen 清雅堂陶苑 ».

 

Le magasin Seïgadō Tōen où on vend les poteries des photos ci-dessus, se trouve dans la rue Matsubara, très proche du temple Kiyomizu dera.

 

Chaque maison et chaque potier a son propre style, et les couleurs sont différentes selon les maisons. Si vous venez à Kyōto, visitez les boutiques de poterie « kyōyaki » ou « kiyomizuyaki ». Beaucoup se trouvent près du temple Kiyomizu dera. Vous trouverez sûrement un bol, une tasse ou une jolie assiette à votre goût à rapporter en souvenir de Kyōto !

Les kimonos japonais

Chika Okamura, Hikaru Nakazono, Sakura Nishimura

 

Nous allons vous présenter un vêtement traditionnel japonais appelé kimono. Vous connaissez certainement le kimono ? C’est le costume traditionnel du Japon. Autrefois, c’était un vêtement ordinaire. Mais savez-vous qu’il y a plusieurs sortes de kimonos ?

Les Japonais ont porté un kimono à partir de l’époque Jomon (5000~3000 avant Jésus-Christ). Il se portait comme une robe ou comme un pantalon comme sur le dessin ci-dessous.

                                                                             les premiers kimonos

 

À l’époque Heian (794-1185), un kimono était fait d’une pièce de tissu cousue droite, pas ajustée au corps, ainsi il pouvait changer de forme. On pouvait également superposer plusieurs kimonos les uns sur les autres et jouer avec la combinaison des couleurs.

                                                             le kimono à partir de l’époque Heian

 

À l’époque Kamakura (1192~1336), non seulement les femmes, mais aussi les hommes portaient un kimono. E il se portait sur les champs de bataille par les Généraux également.

À l’époque Edo (1603~1867), on mettait un kimono à manches courtes appelé kosode (se prononce kossodé) avec un pantalon large, porté également dans certains arts martiaux et appelé hakama comme l’uniforme des samuraï.

La technique de fabrication d’un kimono s’est améliorée avec le développement de l’uniforme des samuraï tout en prenant de la valeur dans le métier. À l’époque Meiji (1868~1912), le Japon a été influencé par l’Occident. Le gouvernement japonais ordonnait aux bureaucrates et aux militaires de porter des vêtements occidentaux en public. Alors, quand des personnes civiles portaient un kimono, ils portaient un kimono sur lequel était cousu le symbole de leur famille. On appelait cette marque montsuki .

 

 

                                                                      un kimono pour homme

Le symbole de la famille (les deux petits ronds blancs sur la photo ci-dessus) était cousu sur la veste qui recouvrait le kimono.

 

Nous allons vous présenter un peu plus les différences entre plusieurs kimonos.

Le kimono appelé furisode

Maintenant, le kimono appelé furisode (se prononce fourissodé) est porté seulement par les jeunes femmes célibataires, à une cérémonie de mariage ou à la cérémonie qui fête l’arrivée à la majorité (le deuxième lundi de janvier). C’est l’habit le plus respectueux. Autrefois un kimono était le vêtement de tous les jours. Les manches du kimono furisode sont plus longues que celles des autres kimonos. Il était porté par des danseuses à l’époque Edo. Agiter les manches était une manifestation d’amour.

                                                                                       le furisode

 

Le yukata

Les Japonais portent plus souvent un yukata. C’est de la même forme qu’un kimono. En général, on porte un yukata pendant un festival d’été ou pour faire du tourisme dans Kyoto. On le porte aussi lorsque l’on est dans un hôtel traditionnel appelé ryokan.

 

Nous allons vous présenter les quatre grandes différences entre un kimono et un yukata.

  • D’abord, les sous-vêtements sont différents. Quand on porte un kimono, on met des sous-vêtements spéciaux appelés nagajyuban. Mais, quand on porte un yukata, on porte des sous-vêtements ordinaires sur lesquels, on met le yukata.
  • Ensuite, on ne les porte pas aux mêmes cérémonies. Par exemple, le kimono se porte le jour du Nouvel An, d’un mariage, d’une cérémonie d’entrée dans une école, d’une cérémonie de fin d’études par exemple. L’été ou dans une auberge traditionnelle, pour se détendre, on porte un yukata.
  • Puis, les matières premières sont différentes. Pour faire un kimono, on utilise du coton, de la laine et beaucoup de soie pour les plus chers. Les yukata sont uniquement en coton. C’est donc beaucoup moins cher qu’un kimono et on peut le porter plus simplement.
  • Enfin, ce que les Japonais appellent un kimono est une pièce chère et se porte très rarement. Un kimono coûte entre 2 300 euros (300 000 yens) et 5 500 euros (700 000 yens). Un yukata coûte entre 38 euros (5 000 yens) et 115 euros (15 000 yens) environ. En général, il est vendu avec des chaussures spéciales appelées geta et des chaussettes blanches et bien sûr une ceinture.

                                                           une famille en yukata qui va à un festival d’été

 

À présent, on ne porte presque plus de kimono et comme nous l’avons vu, on le porte essentiellement pour une sortie exceptionnelle. Beaucoup de Japonais ne possèdent plus de kimono à la maison. C’est devenu une tenue spéciale suivant les saisons et l’âge.

Ancienne capitale impériale (de 794 à 1868), Kyoto est aujourd’hui, surtout, une ville très touristique et c’est ici, que l’on a le plus de chance de voir des personnes porter un kimono ou un yukata. Alors, il y a beaucoup de magasins de location de kimonos ou de yukata. Beaucoup de touristes japonais et étrangers font du tourisme en portant ce vêtement traditionnel.

Nous voudrions vous présenter la maison de location Wargo. On trouve des boutiques à Tokyo, Osaka, Ishikawa et aussi à Kyoto. À Kyoto, il y a dix boutiques de location. Les plus faciles d’accès sont situées près de la gare de Kyoto et des destinations touristiques comme le sanctuaire Yasaka jinja, le temple Kiyomizu dera, c’est pour cela que nous l’avons choisie.

Il y a beaucoup de tissus au design différent donc il y en a pour tous les gouts. Des équipes de professionnels vous aident à mettre le kimono ou le yukata. On vous recoiffe aussi et on vous met dans les cheveux un peigne traditionnel ( kanzashi ) de votre choix. La tenue comprend également un petit sac, une ceinture (obi) et d’autres menus objets. Louer un yukata ou un kimono ça coûte 45 euros (5 900yens). Le service d’aide pour mettre le yukata ou le kimono, mais aussi le peigne dans les cheveux, la ceinture et comment porter le sac sont compris dans le prix. On peut réserver à l’avance par Internet. Ce n’est pas très cher et c’est populaire. Si on le souhaite, on peut avoir une photo avec le personnel de la boutique. Ce service est gratuit.

 

Enfin, vous êtes prêts pour aller vous promener dans Kyoto !

 

 

    

au temple Kiyomizu temple

 

Nous vous recommandons de faire du tourisme à Kyoto en portant un kimono ou un yukata. Ce sera une expérience inoubliable et originale pour vous ! Comme ça, vous pourrez apprécier encore plus la culture japonaise. 

 

Le Conte du Genji

écrit par Junko OYAMA  et Ayaka OKUNO

 

 

Connaissez – vous le Conte du Genji que l’on appelle aussi en français Le Dit du Genji ou le Genji mono gatari ou le Roman de Genji ?

L’histoire a été écrite par Murasaki Shikibu, il y a environ 1000 ans à l’Époque Heian. C’est l’histoire de Hikaru Genji, un jeune prince fictif. Il est très beau et il tombe souvent amoureux. C’est le récit de ses histoires d’amour.

 

 

 

 

 

 

un livre original

L’auteure du Comte du Genji, Shikibu Murasaki, est une femme. Elle a dû donc prendre un pseudonyme pour pouvoir écrire. À cette époque, une femme dépendait et suivait son époux sinon, elle allait à l’encontre des bonnes manières. C’était très mal vu qu’une femme soit plus connue que ses parents ou son mari. Ainsi, Shikibu Murasaki n’est pas connue de son vrai nom.

 

 

 

 

 

 

 

la cour impériale

 

En ce temps là, tous les aristocrates voulaient lire et connaitre les histoires d’amour de Hikaru Genji. Nous-mêmes, des siècles plus tard, au collège ou au lycée, nous étudions le Conte du Genji. C’est un conte très célèbre et merveilleux. On peut apprendre la vie de l’aristocratie et la culture de l’époque Heian.

 

 

 

 

 

 

 

quand la cour se déplace

 

Mais c’est très difficile de lire le conte original pour les Japonais d’aujourd’hui parce qu’il y a beaucoup de vocabulaire ancien et de contenu compliqués. On préfère une langue plus moderne.

Ce conte a été traduit dans beaucoup de langues étrangères. C’est René Sieffert qui a traduit Le Conte du Genji en français. C’est la seule traduction complète en français et elle est dotée d’une excellente réputation. Si vous vous intéressez au Japon ancien,  nous vous recommandons de lire Le Dit du Genji. C’est un conte qui vous séduira !

 

Source des photos : http://codh.rois.ac.jp/

 

Les parapluies japonais « kyowagasa »

par Miwa Wakamatsu et Haruna Suehiro

 Autrefois, à Kyoto, ancienne capitale du Japon, les habitants étaient très exigeants envers la mode. Ainsi, Kyoto a développé un accessoire de mode d’une beauté particulière, fabriqué avec des matières coûteuses et distinguées, un parapluie appelé « kyowagasa » (prononcé « kyowagassa ») .

 

parapluies « kyo wagasa »

parapluies « kyowagasa »

1. Présentation des parapluies « kyowagasa »

Le parapluie « wagasa » est un parapluie à l’ancienne, originaire de Chine. Le caractère chinois de « wa 和 » veut dire « japonais » et « gasa 傘 », « parapluie ». Le kanji de « kyo 京 » est le « kyo » de Kyoto, ainsi le parapluie « kyowagasa » est un parapluie typique de Kyoto. En japonais, on l’écrit « 京和傘 ». Il est arrivé au Japon de la Corée, en 552, pour servir d’accessoire pendant des cérémonies bouddhistes. A ce moment-là, on l’appelait « kinugasa » et on ne le fermait jamais. D’abord, on l’a utilisé comme une ombrelle ou un talisman, et il était un symbole d’autorité dans la noblesse. Les gens du peuple avaient eux aussi « leur parapluie », un chapeau en forme de cône appelé « sugegasa » et une sorte d’imperméable appelée « mino ». A l’époque Edo (de 1603 à 1867), le parapluie, réservé aux riches, a commencé à être utilisé par tout le monde. On peut le voir dans des peintures de cette époque. Puis, il est passé d’objet quotidien à accessoire principal de mode. Les fabriquants de parapluies l’ont donc fait plus beau. Dans beaucoup de tableaux, on retrouve des personnes peintes portant des vêtements élégants et une jolie ombrelle. Cet objet a beaucoup changé suivant les différentes époques et maintenant c’est un bel objet d’art japonais. On l’utilise souvent dans des danses traditionnelles japonaises et pendant la cérémonie du thé. A Kyoto, ville la plus traditionnelle du Japon, le parapluie « wagasa » y est utilisé depuis plus longtemps que partout ailleurs au Japon. Maintenant, il y a trois types de parapluies typiques « kyowagasa ».

2. Les trois types de parapluies « kyowagasa »

Il y a tout d’abord, le parapluie appelé « bangasa 番傘 ». C’est un parapluie pour les hommes. Sa décoration est très simple et son manche est un peu gros et lourd.

parapluie « bangasa »

parapluie « bangasa »

 

Ensuite, il y a le parapluie nommé « habutae ». Ses kanji « 羽二重 » se traduisent littéralement par « double plume » parce que sa toile est fabriquée avec deux matières légères : du papier japonais et de la soie. Il est plus solide et il est fait avec des fils aux couleurs vives entre le manche et les baleines. On l’utilise quand on va à une fête ou un festival et que l’on porte des vêtements traditionnels.

parapluie « habutae »

parapluie « habutae »

 

Enfin, il y a le parapluie que l’on appelle « janomegasa 蛇の目傘 ». Le terme « janome » veut dire les yeux de serpent parce que l’on peut voir ce motif quand on le regarde depuis le haut.

parapluie « janomegasa »

parapluie « janomegasa »

3. Fabrication du parapluie « kyowagasa »

Ce parapluie est fait avec du papier typiquement japonais, du bambou, du bois, de la laque, de l’huile de lin, du tanin du fruit le plaquemine (ou kaki) et de tapioca. On utilise des matières de bonne qualité. Il y a un artisan pour chaque matière, par exemple on trouve le spécialiste de la structure des baleines, celui du papier japonais, etc. La durée de fabrication est différente selon la taille et la décoration de l’objet. Cela peut varier de quelques semaines à un mois ou plus. Il y a plus de quatre-vingt étapes différentes dans sa fabrication qui nécessitent des techniques spécialisées.

4. Les différences entre un parapluie moderne et un parapluie traditionnel

Il y a beaucoup de différences entre les deux, bien sûr, tout d’abord leur origine mais il y a aussi quatre autres grandes différences. La première différence est la structure des baleines.

  • Dans le parapluie moderne : la toile est à l’extérieur et les baleines sont à l’intérieur, donc on est souvent mouillé quand on le ferme. De plus, le nombre de baleines va de huit à douze.
  • En ce qui concerne le parapluie traditionnel japonais, ses baleines sont à l’extérieur et sa toile est à l’intérieur. Il y en a de 30 à 70. Comme la toile est huilée, elle est solide.

La deuxième différence est la matière.

  • Pour le premier, la matière utilisée est artificielle. Elle est fabriquée en polyester et en acier.
  • Les parapluies japonais sont fait en matière naturelle comme le bambou et le bois.

La troisième différence est le moyen de le tenir quand il est fermé.

  • On tient le parapluie moderne par sa canne.
  • On tient le parapluie « kyowagasa » par le bout du parapluie.

La quatrième différence est le prix.

  • Bien sûr, il y a des prix différents, plus ou moins chers, mais un parapluie moderne va coûter au plus 10 000 yens (moins de 100 euros).
  • En général, un parapluie traditionnel japonais peut coûter entre 10 000 et 20 000 yens (entre 90 et 200 euros). C’est très cher.

 

parapluies «kyo wagasa» fermés

parapluies « kyo wagasa » fermés

5. Où peut-on acheter un parapluie japonais traditionnel ?

A Kyoto, le magasin de parapluies Hiyoshiya est très populaire. Il a été fondé à la fin de l’époque Edo. C’est une maison ancienne qui fabrique et restaure les parapluies utilisés aux Fêtes de Gion et de Aoi. Ce sont deux des plus célèbres fêtes à Kyoto. La fête de Gion a été créée pour conjurer les maladies et toutes sortes de mésaventures. Elle a lieu chaque année pendant le mois de juillet. La fête d’Aoi est connue comme une fête plus élégante et plus ancienne. Chaque année, des habitants de Kyoto défilent en costume traditionnel de l’époque Heian (de 794 à 1192). Elle a lieu le 5 mai. On peut acheter un parapluie fait sur mesure pour cette occasion.

magasin Hiyoshiya

le magasin Hiyoshiya

Ce magasin se trouve au centre de la ville de Kyoto. Pour y aller, il faut prendre le bus numéro 9 de la gare de Kyoto ou le bus numéro 12 de l’arrêt Shijokawaramachi et descendre à l’arrêt Horikawateranouchi. Et puis, il faut marcher environ 2 minutes. Comme nous, allez admirer les jolis parapluies traditionnels de ce magasin !! De plus, les employés sont très gentils.

6. Les produits dérivés

Aujourd’hui, on trouve plusieurs produits dérivés du parapluie « wagasa ». Ce sont des produits très attirants sous plusieurs aspects. Bien sûr, comme les parapluies, ils sont pratiques, et pour beaucoup, ils ont gardés les baleines. Par exemple, la lampe et les lustres « wagasa ». Ils sont faits avec les mêmes matières que celles des parapluies et la lumière transparaît à travers le papier japonais. Si on utilise le papier avec plusieurs couleurs, on peut les mettre dans beaucoup d’endroits différents. C’est très élégant et original.

 

lampe « wagasa »

lampe « wagasa »

Les lampes, particulièrement, fascinent beaucoup de monde. Elles changent l’ambiance d’une pièce et la rendent plus chic.

 

lustres « wagasa » d’intérieur

lustres « wagasa » d’intérieur

lustres « wagasa »

lustres « wagasa »

 

Ensuite, le panier de fruits. Il est très rare. Il est fabriqué à partir de la structure des parapluies traditionnels, par conséquent, on peut le fermer comme un parapluie !

panier de fruits

panier de fruits

 

On peut l’utiliser en décoration pendant un repas de noces par exemple. Tout comme les petits parapluies de décoration, colorés et petits car ils sont fabriqués comme objets de décoration. Si vous voulez célébrer un mariage de style japonais, vous pouvez utiliser ces petits parapluies. C’est très mignon.

petits parapluies de décoration

petits parapluies de décoration

 

Si vous vous intéressez aux parapluies traditionnels japonais, offrez-vous en un comme cadeau-souvenir de votre voyage à Kyoto !

Les quartiers réservés des Geisha

Yuka Tanaka

Kyoto, la ville japonaise la plus traditionnelle, est reconnue comme étant la ville des Geisha et les apprenties Geisha nommées Maiko. Ces jeunes femmes logent dans des quartiers réservés que l’on appelle «kagai» (se prononce kagaï ). Les quartiers «kagai» sont apparus durant la période Edo (1603-1867). Autrefois, à Kyoto, il y avait 28 kagai mais actuellement il n’en reste que 5 : les quartiers Kamishichiken,  Miyagawachō, Pontochō,Gionkōbue et Gionhigashi. On appelle l’ensemble de ces quartiers, « gokagai » et chaque quartier est différent par leur danse par exemple. Chaque quartier a sa propre danse traditionnelle.

Nous allons vous présenter les caractères de chaque quartier mais avant rappelons ce qu’est une Geisha : une Geisha est une jeune femme qui pratique des danses traditionnelles, joue d’un instrument de musique traditionnel comme du shamisen (sorte de harpe horizontale à trois cordes) ou de la flûte pendant un banquet dans un restaurant traditionnel de luxe. Les Geisha sont très connues auprès des Japonais mais aussi auprès des touristes étrangers.

1) Le quartier Kamishichiken

C’est le plus ancien des cinq quartiers. Cet endroit se trouve au sud de Kyoto. Durant la période Muromachi (1338-1573), sept auberges ont ouvert pour que les voyageurs puissent se distraire. L’histoire de ces quartiers a commencé ici. Les Geisha du quartier Kamishichiken font la danse traditionnelle appelée « hanayagiryū », danse la plus pratiquée. Normalement, on ne peut voir ces danses que dans ces endroits réservés de luxe. C’est très, très cher.

Mais aujourd’hui, c’est devenu un spectacle de danse ouvert au public et il y a deux représentations, au printemps et en automne donc on peut les admirer aussi :

– en 2016, du 25 mars au 7 avril, la représentation «kitano odori» sera donnée dans le théâtre Kamishichiken kaburenjō.

– et en octobre, le spectacle aura lieu dans le même théâtre.

Ce théâtre se trouve au sud de Kyoto. Le billet coûte 4300 yens.

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symbole du quartier Kamishichiken et des Geisha

2) Le quartier Miyagawachō

Le quartier Miyagawachō est situé près de la rivière Kamogawa au  niveau de la rue Gojō dori.  Les Geisha de Miyagawachō font une danse qui s’appelle «wakayagiryū».

En avril et en octobre, il y a aussi deux représentations publiques dans le théâtre Miyagawakaburenjō. Le spectacle s’appelle «kyōdori» et «mizuekai». Le billet pour le spectacle « Kyōdori » coûte 4800 yens et pour « Mizuekai », 4000 yens. Le théâtre se trove au sud-est de Kyoto.

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symbole du quartier Miyagawayô et ruelle typique du quartier

3) Le quartier Pontochō

Ce quartier est situé entre le rivière Kamogawa et le quartier Kiyamachi. Il a été créé en 1712. Les Geisha de Pontochō font la danse «ogamiryu ». En mai  et en septembre, on peut les voir danser au théâtre Pontochōkaburenjō . Elles s’appellent «kamogawaodori» et «suimeikai». Le billet pour lespectacle de coûte 3000 yens et celui de septembre coûte 2300 yens. Le lieu du spectacle se trouve au sud de Kyoto.

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symbole du quartier Pontochō et la rivière Kamogawa

4) Le quartier Gionkōbu

On l’appelle Gionsan et c’est le plus grand des cinq. Dans ce quartier, les maisons  et les rues sont restés intactes depuis la période Edo. Ce quartier est situé au sud-est de Kyoto.

Il se trouve près du sanctuaire bien connu Yasaka jinja. Les Geisha du quartierKōbu font une danse appelée «kyōmai inoueryu». On peut également voir deux spectacles au printemps et en automne : en avril, la danse « Miyako odori » ( 2500 yens), et en automne, la danse « onsyukai » ( 4000 yens). Le théâtre de Gion kaikanse trouve au sud-est de Kyoto.

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symbole du quartier Gionkōbu et des Geisha

5) Le quartier Gionhigashi

Ce quartier est situé à l’ est du quartier Gionkōbu. Pendant la période Meiji, le quartier de Gionkōbu à été divisé en deux. Les Geisha de Gionhigashi font la danse «hujimaryu ». On peut voir le spectacle « gion odori » en novembre au théâtre Gion kaikan qui se trouve au sud-est, dans le quartier de Gion. Le billet coûte 4000 yens.

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symbole du quartier Gionhigashi et rue typique du quartier

Une fois par an, toutes les Geisha font un spectacle de danse ensemble. Il s’appelle «miyakono nigiwai ». On ne peut jamais voir les Geisha réunies ensemble donc ce spectacle est très populaire auprès des  Japonais. Il y a trois prix, 6000 yens, 10 000 yens et 15 000 yens. Après le spectacle, on peut dîner avec elles dans la salle de banquet d’un grand hôtel (plus 19 000 yens) ou d’un hôtel traditionnel (plus 36 000 yens).

Voilà où il est possible de voir Geishas et des Maikos si vous venez à Kyoto.

*Mais attention !! Si vous voyez ces jeunes filles  dans la journée, ce ne sont pas de vraies Geisha !!! Les vraies Geishas ne se déplacent qu’à partir de la tombée de la nuit !!

Porter un kimono à Kyoto

 

Yuki Hiromura et Minori Yasui

 

Porter un kimono à Kyoto

 

Vous connaissez certainement « les kimonos » japonais. C’est le vêtement traditionnel que portaient tous les Japonais autrefois. Les deux caractères suivant pour écrire « kimono » en japonais着物, veulent dire respectivement « ki (着) » pour porter » et « mono (物)», littéralement chose et désigne le vêtement ». Mais à la fin de l’époque Edo, vers les années 1850, est apparu un nouveau terme, « yōfuku (洋服)», qui désignait les vêtements à l’occidentale. C’est à partir de cette époque que les Japonais ont commencéà porter des pantalons, des costumes, des robes, etc … .

Ainsi maintenant, on distingue les vêtements « yōfuku » pour parler des vêtements non traditionnels japonais et les « kimono » pour les tenues traditionnelles.

Les premiers kimonos, appelés kosode, ont été portés dès l’époque Heian (794-1192).

 

Aujourd’hui

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visite à Kyoto avec des amies

Aujourd’hui, au Japon, en général, on porte un kimono lorsqu’on va à une fête ou à un événement spécial. Par exemple : le premier kimono pour les petites filles, à l’âge de 3 ans et pour les petits garçons, à 5 ans. Ils le portent pour la fête appelée « shichigosan (qui veut dire : 3, 5 et 7 ans) qui a lieu en novembre ; pour les jeunes filles et garçons, à la mi-janvier, lors de la cérémonie de fête de la majorité(à 20 ans au Japon) ; pour la Nouvelle année ; à un mariage, pour les jeunes mariés mais aussi leurs mères ; etc … ;

Le prix d’un kimono est cher, entre 450 et 5 000 euros environ (aujourd’hui, 100 yens vaut 1 euro).

En ce moment, parmi les jeunes touristes c’est la mode de visiter Kyoto en kimono. Et c’est possible de le faire parce qu’il y a beaucoup de magasins de kimonos à Kyoto qui louent des kimonos.

Visite dans un magasin qui loue des kimonos

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le magasin Walin

Nous allons vous présenter le magasin Walin qui offre ce service. Ce magasin est près dela station de métro Shijo Karasuma. On peut prendre le métro depuis la gare Kyoto JR.

Les démarches avant le jour de la visite

Voilà comment il faut procéder : tout d’abord, il faut réserver par téléphone ou par Internet. La page d’accueil du site du magasin est en anglais aussi. On doit donner ses noms, adresse e-mail, numéro de téléphone, le nombre de personne(s) et la date de visite souhaitée, etc.

Le jour de la visite

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dans le magasin

Le magasin ouvre dès 9 heures du matin.Les clients choisissent un kimono avec leurs couleurs et leurs motifs préférés. Les clients sont souvent des jeunes touristes ou étudiants, japonais ou étrangers.

On paie avant de mettre le kimono. Il y a plusieurs formules mais la plus populaire coûte 6 000 yens.

Dans le magasin, il y a deux employés qui savent parler anglais. Les tailles des kimonos vont de S~3L pour les hommes et pour les femmes, c’est une taille unique. Le plus grand kimono pour femme a une longueur de 175 cm avec un tour de hanche de 105 cm.

Les employés du magasinaident les clients à revêtir le kimono. C’est très difficile de le mettre soi-même car il y a des règles très strictes à suivre.

Ils arrangent aussi la coiffure.

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on choisit son kimono, sa coiffure et son sac

Avant de sortir du magasin, il faut choisir un sac et des chaussures traditionnelles portées avec le kimono.

Et c’est parti ! Vous pouvez aller dans tous les endroits que vous voulez visiter ou simplement marcher dans les rues de Kyoto.

Attention, on doit revenir au magasin avant 18 heures 30.

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les endroits où l’on se change

 

À Kyoto, il y a toujours quelqu’un qui peut aider à réajuster son kimono.

Attention, si vous tachez ou déchirez le kimono, il faut retourner immédiatement au magasin. S’il y a une grande tache, on doit payer le prix du nettoyage et si les dégâts sont plus importants, il faut rembourser le prix du kimono. De même pour le sac, si on le perd, on doit rembourser son prix

Près du magasin, il y a beaucoup de moyens de transport comme les bus, le métro et le train. Il y a la station Shijo- Karasuma, la gare de Karasuma (ligne des trains Hankyu) et des arrêts de bus.

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La sortie de la station de Shijo,

le magasin HAN-ROKU, l’entrée de Walin

Accès au magasin Walin

De la station Shijo- Karasuma, il faut prendre la sortie 5, et à gauche, puis encore à gauche du magasin HAN-ROKU. Vous trouverez le magasin Walin à droite.

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nous voilà prêtes pour sortir …

L’adresse du magasin 444 Higasiirushunzei-chou Matsubara-dori Shimogyo-ku Kyoto-shi

K0yoto 600-8417

TEL : 075-343-1515

FAX : 075-341-1

http://walin.jp

Voilà ! Vous aussi venez visiter Kyoto en kimono ! Nous pensons que votre visite sera magnifique et vous pourrez ressentir la culture japonaise traditionnelle.

Bonne visite

 

 

 

 

 

Le papier « kurotaniwashi »

Yuka Tanaka et Mako Okuda

On appelle « washi », le papier traditionnel japonais, et le papier « kurotaniwashi » est le papier fabriqué dans la ville de Kurotani qui lui a donné son nom. Elle est située au sud-est de la préfecture de Kyoto. Le papier « kurotaniwashi » fait partie du patrimoine culturel immatériel de Kyoto depuis le 15 avril 1983.

Le papier traditionnel japonais, si mince soit-il, est résistant parce que les fibres qui le composent sont plus longues que celles d’ un papier ordinaire.

Il y a 800 ans, durant la période Kamakura (1185-1334), l’histoire de ce papier a commencé. Un soldat vaincu a commencé à en fabriquer pour pouvoir survivre et faire vivre sa famille. Il l’utilisait principalement pour fabriquer des objets. Mais dès la période Edo (1603-1867), la fabrication de ce papier s’est développée dans l’industrie traditionnelle. On l’utilisait pour envelopper les kimonos, ce que l’on fait encore aujourd’hui. De nos jours, par exemple, on peut trouver aussi des cartes faites avec du papier traditionnel comme sur la photo ci-dessous.

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La façon de fabriquer ce papier suit 5 procédés : le premier procédé consiste à piétiner dans la rivière l’écorce des arbres pour les adoucir. Ensuite, on fait bouillir la pâte obtenue, puis on la bat pour dénouer les fibres. Enfin, on la laisse reposer dans un état sirupeux et enfin on la filtre. Après cela, on fait sècher le papier. L’arbre utilisé s’appelle « kōzo ». Cet arbre a besoin de deux ans pour grandir et on exploite seulement 5% de l’arbre, et le reste est utilisé pour diverses choses mais principalement pour la fabrication des baguettes jetables comme celles que l’on trouve dans les paniers-repas (bento) que l’on peut acheter partout.

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le papier sèche

Le nombre de jeunes qui veulent devenir artisans dans le papier traditionnel «kurotaniwashi» diminue chaque année. On essaie de renouveler les utilisations de ce papier pour garder cet artisanat actif. Par exemple, pour faire connaître ce papier auprès des jeunes, les écoliers de la ville de Ayabeshi font eux-mêmes le papier qui servira à leur diplôme.

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un enfant en train de faire le papier pour son diplôme

無題

un diplôme de fin d’étude d’école primaire de la ville de Ayabeshi

On peut faire également soi-même du papier traditionnel « kurotaniwashi » au centre culturel Kurotaniwashi kaikan qui se trouve à Ayabe, dans la préfecture de Kyoto. Pour y aller, de la gare de Kyoto, il faut prendre un train JR de la ligne San-in en direction de l’ouest et descendre à la gare Ayabe et puis prendre le bus Ayabasu et descendre à l’arrêt Kurotaniwashikaikanmae. Il faut environ 2 heures pour y aller de la gare de Kyoto et le billet de train coûte 1 420 yens. L’atelier coûte 700 yens  et il faut réserver une semaine avant. Cette expérience est très populaire auprès des touristes étrangers et auprès des touristes japonais aussi. C’est un peu loin mais c’est une bonne expérience à faire.

A Kyoto, il existe une université appelée Kyoto dentō kōgei daigaku. On peut étudier divers artisanats traditionnels japonais et étrangers comme par exemple, les techniques du dessin ou différentes techniques japonaises. Cette école comprend onze départements, dont celui de la fabrication du papier artisanal, un département céramique, un département sculpture spécialisé dans la fabrication des statues de bouddha, etc. En novembre 2010, l’école a conclu un partenariat avec L’Ecole Boulle à Paris (Ecole Supérieure, Lycée des Métiers d’art, de l’Architecture intérieure et du Design) et chaque année, des étudiants japonais vont en France pour étudier divers arts artisanaux français.

Au Japon, malheureusement, le nombre de personnes qui connaît et qui apprend les métiers d’art diminue. C’est important de garder vivant et de transmettre le patrimoine artisanal aux générations futures et pourquoi pas à la postérité !

Les bains publics

Kaori MORITA et Takuma HIROOKA

Le rituel du bain tient une grande place dans la culture du Japon. De nos jours, on prend le bain chez soi, mais on le prenait autrefois dans un bain public.

Au Japon, on trouve deux types de bains publics

– D’abord, les bains que l’on appelle des «onsen 温泉», existent depuis longtemps. Ils se trouvent près des montagnes en général. Au Japon, comme il y a beaucoup de volcans, l’eau chaude jaillit naturellement. Ce sont des stations thermales qui existent depuis plus de 1000 ans dans la préfecture de Kyoto. L’eau chaude naturelle contient des composants spéciaux et souvent bénéfiques pour la santé. On y allait pour guérir des blessures ou des maladies. Aujourd’hui, on y va pour la santé bien sûr, mais aussi pour la relaxation ou l’amusement. La température de l’eau est de 42 degrés environ.

– Ensuite, nous trouvons les bains publics appelés «sento 銭湯» . On en trouve partout au Japon. A Kyoto, il y a beaucoup de sento parce que c’est une ancienne capitale (à l’époque Heian (794-1185) donc une ville prospère depuis longtemps. Autrefois, il n’y avait pas de baignoire dans les maisons, c’est pourquoi chaque quartier avait son ou ses bains publics. La température de l’eau est de 40 degrés minimum. Dans ces bains publics, il y a plusieurs sortes de bassins. Par exemple : des bassins profonds, des jacuzzi, des bains électriques, des bains d’eau froide, des sauna etc. C’est différent dans chaque bain public.

Les Japonais aiment se détendre en prenant un bain dans la soirée. Dans les bains publics, il y a des douches et des grands bassins pour le bain. On doit apporter tout le nécessaire du bain : son savon, son gant de toilette (au Japon, cela n’existe pas, on se lave avec des petites serviettes), ses serviettes de toilette, etc… L’entrée ne coûte pas cher (410 yens à Kyoto). Il y a le côté réservé aux hommes, otokoyu 男湯 et celui réservé aux femmes, onnayu 女湯. Le kanji qui se lit « yu » est écrit sur les enseignes des bains publics comme ceci : ゆ. Il signifie « eau chaude ».

vue du rideau à l'entrée des bains publics

 

Voila comment on prend un bain dans un sento

Tout d’abord, il faut enlever les chausseurs à l’entrée du bain public, dans les vestiaires. Il y a des paniers à disposition pour les habits et les affaires personnelles que l’on range ensuite dans une consigne.

consignes d’un vestiaire

Ensuite, on entre dans la salle de bain en apportant son nécessaire de bain. Ne pas oublier d’apporter une petite serviette pour s’essuyer avant de sortir.

Avant d’entrer dans un bassin, il faut se rincer légèrement pour entrer dans le bain « propre ». Enfin, on peut prendre son bain ! On peut prendre la douche assis. On trouve des seaux et des petites chaises dans l’espace des douches.

Voici quelques règles pour bien se comporter dans les bains publics au Japon :

– il faut entrer dans les bassins doucement,

– il ne faut pas tremper la petite serviette dans l’eau,

– il faut faire attention à ne pas rester trop longtemps dans le bain si on n’est pas en bonne santé !

– il faut s’essuyer avec une petite serviette pour ne pas mouiller le sol des vestiaires après le bain.

Puis, on se rhabille et c’est tout ! Mais après le bain, les Japonais boivent souvent une petite bouteille de lait ! Ca fait partie du plaisir d’aller au sento. C’est comme une tradition depuis longtemps ! Aujourd’hui, il y a un distributeur de lait dans presque tous les bains publics.

Nous vous recommandons de regarder le film japonais “Termae Romae” dans lequel il y a beaucoup de scènes avec les Japonais au bain public.

Il y a beaucoup de beaux sento à Kyoto. Nous allons vous présenter trois vieux bains publics situés dans la ville de Kyoto.

 

Le bain public Nishiki-yu

rideau indiquant que le bain public est ouvert

Il y a un marché couvert célèbre appelé Nishiki-ichiba à Kawaramachi, au centre de Kyoto. Le bain public Nishiki-yu est situé près de ce marché.

la rue du marché couvert Nishiki-ichiba

Il se trouve dans une maison ancienne, en bois et son enseigne, un rideau de coton appelé « noren » est bleue (photo ci-dessus). On trouve souvent ce rideau de coton devant les boutiques pour éviter que le vent, la lumière du soleil et le froid n’entrent à l’intérieur, pour ne pas être vu de l’extérieur et surtout il indique que c’est ouvert. Dans ce bain public, il y a 5 bassins. Le carrelage sur les murs est rouge ! C’est très beau. Et la température de l’eau est un peu chaude 43 degrés. Des petits concerts ou des petits évènements ont lieu quelquefois. C’est rare dans ce genre d’endroits.

 

Le bain public Yanagi-yu

Il se trouve à l’est de Kyoto. C’est aussi une maison ancienne en bois.

entrée du bain public Yanagi-yu

Il y a 4 bassins. Sa caractéristique, ce sont ses murs. On peut voir de jolis dessins de paysages sur les faïences aux couleurs très belles.

intérieur du bain

Le plus grand représente le temple shinto Heian, un grand temple qui se trouve à Kyoto. Ici, on peut prendre son bain en admirant des paysages de Kyoto. C’est un vrai petit musée !

mur de faience représentant le sanctuaire Heian jingu

 

Le bain public Sagano-yu

entrée de Sagano-yu

Sagano-yu se situe à l’ouest de Kyoto. Ici, ce n’est plus un bain public mais c’est devenu un café qui a conservé la forme du sento. C’est aussi dans une maison ancienne. Les propriétaires ont gardé les murs en carrelage, les miroirs, les douches et les robinets. C’est original et joli et de plus, les plats dont la spécialité est le “pancake” sont délicieux. Ici aussi, on peut assister à des petits concerts parfois.

pancake de matcha (thé vert japonais)

Pour les Japonais, prendre un bain fait partie de la vie quotidienne. C’est vital ! C’est une habitude, un repos et aussi un endroit de communication. On peut faire la conversation, quand on prend le bain avec sa famille ou avec des amis quand on va dans une station thermale. On peut rencontrer ses voisins dans le sento de son quartier.

Nous voudrions vraiment conserver cette culture du bain.

Allez, vous aussi, vous reposer en prenant un bon bain dans un endroit typiquement japonais qui vous fera « vivre un peu la culture japonaise ».

«Bienvenue au sento !»

 

Informations pratiques

– Nishiki-yu (錦湯)

 Adresse: 535 Yaoya-cho, Sakaimachidori-nishikikoujisagaru, Nakagyo-ku, Kyoto-shi

Pour y aller : à pied, de la gare Karasuma (ligne Hankyu) ou de la station de métro Shijo-Karasuma , il faut 3 minutes.

Téléphone : 075-221-6479

Heures d’ouverture : de 16h à minuit

– Yanagi-yu (柳湯)

Adresse: 332, Kikuhoko-cho, Shinyanaginobanbadori-Nioumonkudaru, Sakyo-ku, Kyoto-shi

Pour y aller : à pied, de la gare Sanjo-Keihan, il faut environ 5 minutes.

Téléphone : 075-771-8439

Heures d’ouverture : de 16h à minuit

– Sagano-yu (嵯峨野湯)

 Adresse : 4-3, Sagatenryujiimahori-cho, Ukyo-ku, Kyoto-shi

Pour y aller : à pied, de la gare Saga-Arashiyama (ligne JR) ou de la gare Randen-Saga (ligne Keifuku), il faut 1 minute.

Téléphone : 075-882-8985

Heures d’ouverture : de 11h à 19h30

Devenir une Maiko pour quelques heures

 

                                                                                    de Taki Yoshida et Mihoko Terasaki

deux “Maiko”

 

Qu’est-ce qu’une Maiko ?

C’est une jeune fille, de moins de 20 ans, qui étudie la culture japonaise ; la cérémonie du thé, les chansons traditionnelles, la danse par exemple qu’elle présentera devant des clients dans un restaurant de luxe. Elle porte toujours un kimono magnifique. On trouve des jeunes Maiko particulièrement à Kyoto. 

Aujourd’hui, n’importe quelle jeune fille ou femme « peut devenir une Maiko » pendant quelques heures. C’est une expérience très sympa !

 

Où aller pour devenir une Maiko ?

La réservation :

Le nom du magasin où nous sommes allées : YUMEKOUBOU (夢工房(清水寺店). ( Il dépend du temple Kiyomizu ).

Il y a plusieurs sortes de réservations qui durent de 2h à 4 heures pour la préparation, habillage et maquillage. Il y a aussi les photos en studio et la promenade au temple Kyomizu.

 

Le jour de l’aventure

Si possible, ne vous maquillez pas avant et venez sans vos produits de

maquillage. Vous allez utiliser le salon de maquillage du magasin et leurs

produits (savon, lotion, crème, démaquillant etc …). Quand c’est fini, vous

pouvez prendre le temps dont vous avez besoin pour vous démaquiller et

remaquiller.

 

1     Le maquillage par un professionnelVotre visage blanc va vous surprendre ! 2     Le choix du kimonoSi, c’est trop difficile, on vous aide à choisir.

 

3     Le kimono

C’est toujours un professionnel qui vous met le kimono donc il ne sera pas trop serré.

 4 La perruque

Immédiatement, vous sentez son poids, mais, de plus en plus, vous vous habituerez à la perruque. Elles sont plus légères que les vraies mais elles sont un peu lourdes !

 

  

     5 Les photos au studio du photographe

 

 

6     Les photos libres

 

7     La promenade au temple Kiyomizu

 

Les photos sont envoyées chez vous.

 

Informations pratiques :

YUMEKOUBOU

Adresse : Kyoto-shi, Higashiyama ku, Higashiooji dori, gojo noboru, yukoumae-chou, 583-3, (京都市東山区東大路通五条東上る遊行前町5833 )

Tél : 075-611-08-58

URL : http://www.yumekoubou.info/yoyaku/index.php

Heures d’ouverture : jours ouvrables, de 10h à 20h, samedi et dimanche, de 9h à 20h.

Combien ça coûte ? entre 6000 et 20000 yens  (de 46 à 153 euros environ). De temps en temps, il y a des périodes de promotion.

 

※Remarque : les employés de ce magasin comprennent l’anglais mais

pas le français, c’est dommage !