Les parapluies japonais « kyowagasa »

February 13, 2017

par Miwa Wakamatsu et Haruna Suehiro

 Autrefois, à Kyoto, ancienne capitale du Japon, les habitants étaient très exigeants envers la mode. Ainsi, Kyoto a développé un accessoire de mode d’une beauté particulière, fabriqué avec des matières coûteuses et distinguées, un parapluie appelé « kyowagasa » (prononcé « kyowagassa ») .

 

parapluies « kyo wagasa »

parapluies « kyowagasa »

1. Présentation des parapluies « kyowagasa »

Le parapluie « wagasa » est un parapluie à l’ancienne, originaire de Chine. Le caractère chinois de « wa 和 » veut dire « japonais » et « gasa 傘 », « parapluie ». Le kanji de « kyo 京 » est le « kyo » de Kyoto, ainsi le parapluie « kyowagasa » est un parapluie typique de Kyoto. En japonais, on l’écrit « 京和傘 ». Il est arrivé au Japon de la Corée, en 552, pour servir d’accessoire pendant des cérémonies bouddhistes. A ce moment-là, on l’appelait « kinugasa » et on ne le fermait jamais. D’abord, on l’a utilisé comme une ombrelle ou un talisman, et il était un symbole d’autorité dans la noblesse. Les gens du peuple avaient eux aussi « leur parapluie », un chapeau en forme de cône appelé « sugegasa » et une sorte d’imperméable appelée « mino ». A l’époque Edo (de 1603 à 1867), le parapluie, réservé aux riches, a commencé à être utilisé par tout le monde. On peut le voir dans des peintures de cette époque. Puis, il est passé d’objet quotidien à accessoire principal de mode. Les fabriquants de parapluies l’ont donc fait plus beau. Dans beaucoup de tableaux, on retrouve des personnes peintes portant des vêtements élégants et une jolie ombrelle. Cet objet a beaucoup changé suivant les différentes époques et maintenant c’est un bel objet d’art japonais. On l’utilise souvent dans des danses traditionnelles japonaises et pendant la cérémonie du thé. A Kyoto, ville la plus traditionnelle du Japon, le parapluie « wagasa » y est utilisé depuis plus longtemps que partout ailleurs au Japon. Maintenant, il y a trois types de parapluies typiques « kyowagasa ».

2. Les trois types de parapluies « kyowagasa »

Il y a tout d’abord, le parapluie appelé « bangasa 番傘 ». C’est un parapluie pour les hommes. Sa décoration est très simple et son manche est un peu gros et lourd.

parapluie « bangasa »

parapluie « bangasa »

 

Ensuite, il y a le parapluie nommé « habutae ». Ses kanji « 羽二重 » se traduisent littéralement par « double plume » parce que sa toile est fabriquée avec deux matières légères : du papier japonais et de la soie. Il est plus solide et il est fait avec des fils aux couleurs vives entre le manche et les baleines. On l’utilise quand on va à une fête ou un festival et que l’on porte des vêtements traditionnels.

parapluie « habutae »

parapluie « habutae »

 

Enfin, il y a le parapluie que l’on appelle « janomegasa 蛇の目傘 ». Le terme « janome » veut dire les yeux de serpent parce que l’on peut voir ce motif quand on le regarde depuis le haut.

parapluie « janomegasa »

parapluie « janomegasa »

3. Fabrication du parapluie « kyowagasa »

Ce parapluie est fait avec du papier typiquement japonais, du bambou, du bois, de la laque, de l’huile de lin, du tanin du fruit le plaquemine (ou kaki) et de tapioca. On utilise des matières de bonne qualité. Il y a un artisan pour chaque matière, par exemple on trouve le spécialiste de la structure des baleines, celui du papier japonais, etc. La durée de fabrication est différente selon la taille et la décoration de l’objet. Cela peut varier de quelques semaines à un mois ou plus. Il y a plus de quatre-vingt étapes différentes dans sa fabrication qui nécessitent des techniques spécialisées.

4. Les différences entre un parapluie moderne et un parapluie traditionnel

Il y a beaucoup de différences entre les deux, bien sûr, tout d’abord leur origine mais il y a aussi quatre autres grandes différences. La première différence est la structure des baleines.

  • Dans le parapluie moderne : la toile est à l’extérieur et les baleines sont à l’intérieur, donc on est souvent mouillé quand on le ferme. De plus, le nombre de baleines va de huit à douze.
  • En ce qui concerne le parapluie traditionnel japonais, ses baleines sont à l’extérieur et sa toile est à l’intérieur. Il y en a de 30 à 70. Comme la toile est huilée, elle est solide.

La deuxième différence est la matière.

  • Pour le premier, la matière utilisée est artificielle. Elle est fabriquée en polyester et en acier.
  • Les parapluies japonais sont fait en matière naturelle comme le bambou et le bois.

La troisième différence est le moyen de le tenir quand il est fermé.

  • On tient le parapluie moderne par sa canne.
  • On tient le parapluie « kyowagasa » par le bout du parapluie.

La quatrième différence est le prix.

  • Bien sûr, il y a des prix différents, plus ou moins chers, mais un parapluie moderne va coûter au plus 10 000 yens (moins de 100 euros).
  • En général, un parapluie traditionnel japonais peut coûter entre 10 000 et 20 000 yens (entre 90 et 200 euros). C’est très cher.

 

parapluies «kyo wagasa» fermés

parapluies « kyo wagasa » fermés

5. Où peut-on acheter un parapluie japonais traditionnel ?

A Kyoto, le magasin de parapluies Hiyoshiya est très populaire. Il a été fondé à la fin de l’époque Edo. C’est une maison ancienne qui fabrique et restaure les parapluies utilisés aux Fêtes de Gion et de Aoi. Ce sont deux des plus célèbres fêtes à Kyoto. La fête de Gion a été créée pour conjurer les maladies et toutes sortes de mésaventures. Elle a lieu chaque année pendant le mois de juillet. La fête d’Aoi est connue comme une fête plus élégante et plus ancienne. Chaque année, des habitants de Kyoto défilent en costume traditionnel de l’époque Heian (de 794 à 1192). Elle a lieu le 5 mai. On peut acheter un parapluie fait sur mesure pour cette occasion.

magasin Hiyoshiya

le magasin Hiyoshiya

Ce magasin se trouve au centre de la ville de Kyoto. Pour y aller, il faut prendre le bus numéro 9 de la gare de Kyoto ou le bus numéro 12 de l’arrêt Shijokawaramachi et descendre à l’arrêt Horikawateranouchi. Et puis, il faut marcher environ 2 minutes. Comme nous, allez admirer les jolis parapluies traditionnels de ce magasin !! De plus, les employés sont très gentils.

6. Les produits dérivés

Aujourd’hui, on trouve plusieurs produits dérivés du parapluie « wagasa ». Ce sont des produits très attirants sous plusieurs aspects. Bien sûr, comme les parapluies, ils sont pratiques, et pour beaucoup, ils ont gardés les baleines. Par exemple, la lampe et les lustres « wagasa ». Ils sont faits avec les mêmes matières que celles des parapluies et la lumière transparaît à travers le papier japonais. Si on utilise le papier avec plusieurs couleurs, on peut les mettre dans beaucoup d’endroits différents. C’est très élégant et original.

 

lampe « wagasa »

lampe « wagasa »

Les lampes, particulièrement, fascinent beaucoup de monde. Elles changent l’ambiance d’une pièce et la rendent plus chic.

 

lustres « wagasa » d’intérieur

lustres « wagasa » d’intérieur

lustres « wagasa »

lustres « wagasa »

 

Ensuite, le panier de fruits. Il est très rare. Il est fabriqué à partir de la structure des parapluies traditionnels, par conséquent, on peut le fermer comme un parapluie !

panier de fruits

panier de fruits

 

On peut l’utiliser en décoration pendant un repas de noces par exemple. Tout comme les petits parapluies de décoration, colorés et petits car ils sont fabriqués comme objets de décoration. Si vous voulez célébrer un mariage de style japonais, vous pouvez utiliser ces petits parapluies. C’est très mignon.

petits parapluies de décoration

petits parapluies de décoration

 

Si vous vous intéressez aux parapluies traditionnels japonais, offrez-vous en un comme cadeau-souvenir de votre voyage à Kyoto !

Les quartiers réservés des Geisha

Yuka Tanaka

Kyoto, la ville japonaise la plus traditionnelle, est reconnue comme étant la ville des Geisha et les apprenties Geisha nommées Maiko. Ces jeunes femmes logent dans des quartiers réservés que l’on appelle «kagai» (se prononce kagaï ). Les quartiers «kagai» sont apparus durant la période Edo (1603-1867). Autrefois, à Kyoto, il y avait 28 kagai mais actuellement il n’en reste que 5 : les quartiers Kamishichiken,  Miyagawachō, Pontochō,Gionkōbue et Gionhigashi. On appelle l’ensemble de ces quartiers, « gokagai » et chaque quartier est différent par leur danse par exemple. Chaque quartier a sa propre danse traditionnelle.

Nous allons vous présenter les caractères de chaque quartier mais avant rappelons ce qu’est une Geisha : une Geisha est une jeune femme qui pratique des danses traditionnelles, joue d’un instrument de musique traditionnel comme du shamisen (sorte de harpe horizontale à trois cordes) ou de la flûte pendant un banquet dans un restaurant traditionnel de luxe. Les Geisha sont très connues auprès des Japonais mais aussi auprès des touristes étrangers.

1) Le quartier Kamishichiken

C’est le plus ancien des cinq quartiers. Cet endroit se trouve au sud de Kyoto. Durant la période Muromachi (1338-1573), sept auberges ont ouvert pour que les voyageurs puissent se distraire. L’histoire de ces quartiers a commencé ici. Les Geisha du quartier Kamishichiken font la danse traditionnelle appelée « hanayagiryū », danse la plus pratiquée. Normalement, on ne peut voir ces danses que dans ces endroits réservés de luxe. C’est très, très cher.

Mais aujourd’hui, c’est devenu un spectacle de danse ouvert au public et il y a deux représentations, au printemps et en automne donc on peut les admirer aussi :

– en 2016, du 25 mars au 7 avril, la représentation «kitano odori» sera donnée dans le théâtre Kamishichiken kaburenjō.

– et en octobre, le spectacle aura lieu dans le même théâtre.

Ce théâtre se trouve au sud de Kyoto. Le billet coûte 4300 yens.

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symbole du quartier Kamishichiken et des Geisha

2) Le quartier Miyagawachō

Le quartier Miyagawachō est situé près de la rivière Kamogawa au  niveau de la rue Gojō dori.  Les Geisha de Miyagawachō font une danse qui s’appelle «wakayagiryū».

En avril et en octobre, il y a aussi deux représentations publiques dans le théâtre Miyagawakaburenjō. Le spectacle s’appelle «kyōdori» et «mizuekai». Le billet pour le spectacle « Kyōdori » coûte 4800 yens et pour « Mizuekai », 4000 yens. Le théâtre se trove au sud-est de Kyoto.

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symbole du quartier Miyagawayô et ruelle typique du quartier

3) Le quartier Pontochō

Ce quartier est situé entre le rivière Kamogawa et le quartier Kiyamachi. Il a été créé en 1712. Les Geisha de Pontochō font la danse «ogamiryu ». En mai  et en septembre, on peut les voir danser au théâtre Pontochōkaburenjō . Elles s’appellent «kamogawaodori» et «suimeikai». Le billet pour lespectacle de coûte 3000 yens et celui de septembre coûte 2300 yens. Le lieu du spectacle se trouve au sud de Kyoto.

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symbole du quartier Pontochō et la rivière Kamogawa

4) Le quartier Gionkōbu

On l’appelle Gionsan et c’est le plus grand des cinq. Dans ce quartier, les maisons  et les rues sont restés intactes depuis la période Edo. Ce quartier est situé au sud-est de Kyoto.

Il se trouve près du sanctuaire bien connu Yasaka jinja. Les Geisha du quartierKōbu font une danse appelée «kyōmai inoueryu». On peut également voir deux spectacles au printemps et en automne : en avril, la danse « Miyako odori » ( 2500 yens), et en automne, la danse « onsyukai » ( 4000 yens). Le théâtre de Gion kaikanse trouve au sud-est de Kyoto.

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symbole du quartier Gionkōbu et des Geisha

5) Le quartier Gionhigashi

Ce quartier est situé à l’ est du quartier Gionkōbu. Pendant la période Meiji, le quartier de Gionkōbu à été divisé en deux. Les Geisha de Gionhigashi font la danse «hujimaryu ». On peut voir le spectacle « gion odori » en novembre au théâtre Gion kaikan qui se trouve au sud-est, dans le quartier de Gion. Le billet coûte 4000 yens.

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symbole du quartier Gionhigashi et rue typique du quartier

Une fois par an, toutes les Geisha font un spectacle de danse ensemble. Il s’appelle «miyakono nigiwai ». On ne peut jamais voir les Geisha réunies ensemble donc ce spectacle est très populaire auprès des  Japonais. Il y a trois prix, 6000 yens, 10 000 yens et 15 000 yens. Après le spectacle, on peut dîner avec elles dans la salle de banquet d’un grand hôtel (plus 19 000 yens) ou d’un hôtel traditionnel (plus 36 000 yens).

Voilà où il est possible de voir Geishas et des Maikos si vous venez à Kyoto.

*Mais attention !! Si vous voyez ces jeunes filles  dans la journée, ce ne sont pas de vraies Geisha !!! Les vraies Geishas ne se déplacent qu’à partir de la tombée de la nuit !!

Porter un kimono à Kyoto

 

Yuki Hiromura et Minori Yasui

 

Porter un kimono à Kyoto

 

Vous connaissez certainement « les kimonos » japonais. C’est le vêtement traditionnel que portaient tous les Japonais autrefois. Les deux caractères suivant pour écrire « kimono » en japonais着物, veulent dire respectivement « ki (着) » pour porter » et « mono (物)», littéralement chose et désigne le vêtement ». Mais à la fin de l’époque Edo, vers les années 1850, est apparu un nouveau terme, « yōfuku (洋服)», qui désignait les vêtements à l’occidentale. C’est à partir de cette époque que les Japonais ont commencéà porter des pantalons, des costumes, des robes, etc … .

Ainsi maintenant, on distingue les vêtements « yōfuku » pour parler des vêtements non traditionnels japonais et les « kimono » pour les tenues traditionnelles.

Les premiers kimonos, appelés kosode, ont été portés dès l’époque Heian (794-1192).

 

Aujourd’hui

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visite à Kyoto avec des amies

Aujourd’hui, au Japon, en général, on porte un kimono lorsqu’on va à une fête ou à un événement spécial. Par exemple : le premier kimono pour les petites filles, à l’âge de 3 ans et pour les petits garçons, à 5 ans. Ils le portent pour la fête appelée « shichigosan (qui veut dire : 3, 5 et 7 ans) qui a lieu en novembre ; pour les jeunes filles et garçons, à la mi-janvier, lors de la cérémonie de fête de la majorité(à 20 ans au Japon) ; pour la Nouvelle année ; à un mariage, pour les jeunes mariés mais aussi leurs mères ; etc … ;

Le prix d’un kimono est cher, entre 450 et 5 000 euros environ (aujourd’hui, 100 yens vaut 1 euro).

En ce moment, parmi les jeunes touristes c’est la mode de visiter Kyoto en kimono. Et c’est possible de le faire parce qu’il y a beaucoup de magasins de kimonos à Kyoto qui louent des kimonos.

Visite dans un magasin qui loue des kimonos

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le magasin Walin

Nous allons vous présenter le magasin Walin qui offre ce service. Ce magasin est près dela station de métro Shijo Karasuma. On peut prendre le métro depuis la gare Kyoto JR.

Les démarches avant le jour de la visite

Voilà comment il faut procéder : tout d’abord, il faut réserver par téléphone ou par Internet. La page d’accueil du site du magasin est en anglais aussi. On doit donner ses noms, adresse e-mail, numéro de téléphone, le nombre de personne(s) et la date de visite souhaitée, etc.

Le jour de la visite

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dans le magasin

Le magasin ouvre dès 9 heures du matin.Les clients choisissent un kimono avec leurs couleurs et leurs motifs préférés. Les clients sont souvent des jeunes touristes ou étudiants, japonais ou étrangers.

On paie avant de mettre le kimono. Il y a plusieurs formules mais la plus populaire coûte 6 000 yens.

Dans le magasin, il y a deux employés qui savent parler anglais. Les tailles des kimonos vont de S~3L pour les hommes et pour les femmes, c’est une taille unique. Le plus grand kimono pour femme a une longueur de 175 cm avec un tour de hanche de 105 cm.

Les employés du magasinaident les clients à revêtir le kimono. C’est très difficile de le mettre soi-même car il y a des règles très strictes à suivre.

Ils arrangent aussi la coiffure.

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on choisit son kimono, sa coiffure et son sac

Avant de sortir du magasin, il faut choisir un sac et des chaussures traditionnelles portées avec le kimono.

Et c’est parti ! Vous pouvez aller dans tous les endroits que vous voulez visiter ou simplement marcher dans les rues de Kyoto.

Attention, on doit revenir au magasin avant 18 heures 30.

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les endroits où l’on se change

 

À Kyoto, il y a toujours quelqu’un qui peut aider à réajuster son kimono.

Attention, si vous tachez ou déchirez le kimono, il faut retourner immédiatement au magasin. S’il y a une grande tache, on doit payer le prix du nettoyage et si les dégâts sont plus importants, il faut rembourser le prix du kimono. De même pour le sac, si on le perd, on doit rembourser son prix

Près du magasin, il y a beaucoup de moyens de transport comme les bus, le métro et le train. Il y a la station Shijo- Karasuma, la gare de Karasuma (ligne des trains Hankyu) et des arrêts de bus.

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La sortie de la station de Shijo,

le magasin HAN-ROKU, l’entrée de Walin

Accès au magasin Walin

De la station Shijo- Karasuma, il faut prendre la sortie 5, et à gauche, puis encore à gauche du magasin HAN-ROKU. Vous trouverez le magasin Walin à droite.

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nous voilà prêtes pour sortir …

L’adresse du magasin 444 Higasiirushunzei-chou Matsubara-dori Shimogyo-ku Kyoto-shi

K0yoto 600-8417

TEL : 075-343-1515

FAX : 075-341-1

http://walin.jp

Voilà ! Vous aussi venez visiter Kyoto en kimono ! Nous pensons que votre visite sera magnifique et vous pourrez ressentir la culture japonaise traditionnelle.

Bonne visite

 

 

 

 

 

Le papier « kurotaniwashi »

Yuka Tanaka et Mako Okuda

On appelle « washi », le papier traditionnel japonais, et le papier « kurotaniwashi » est le papier fabriqué dans la ville de Kurotani qui lui a donné son nom. Elle est située au sud-est de la préfecture de Kyoto. Le papier « kurotaniwashi » fait partie du patrimoine culturel immatériel de Kyoto depuis le 15 avril 1983.

Le papier traditionnel japonais, si mince soit-il, est résistant parce que les fibres qui le composent sont plus longues que celles d’ un papier ordinaire.

Il y a 800 ans, durant la période Kamakura (1185-1334), l’histoire de ce papier a commencé. Un soldat vaincu a commencé à en fabriquer pour pouvoir survivre et faire vivre sa famille. Il l’utilisait principalement pour fabriquer des objets. Mais dès la période Edo (1603-1867), la fabrication de ce papier s’est développée dans l’industrie traditionnelle. On l’utilisait pour envelopper les kimonos, ce que l’on fait encore aujourd’hui. De nos jours, par exemple, on peut trouver aussi des cartes faites avec du papier traditionnel comme sur la photo ci-dessous.

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La façon de fabriquer ce papier suit 5 procédés : le premier procédé consiste à piétiner dans la rivière l’écorce des arbres pour les adoucir. Ensuite, on fait bouillir la pâte obtenue, puis on la bat pour dénouer les fibres. Enfin, on la laisse reposer dans un état sirupeux et enfin on la filtre. Après cela, on fait sècher le papier. L’arbre utilisé s’appelle « kōzo ». Cet arbre a besoin de deux ans pour grandir et on exploite seulement 5% de l’arbre, et le reste est utilisé pour diverses choses mais principalement pour la fabrication des baguettes jetables comme celles que l’on trouve dans les paniers-repas (bento) que l’on peut acheter partout.

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le papier sèche

Le nombre de jeunes qui veulent devenir artisans dans le papier traditionnel «kurotaniwashi» diminue chaque année. On essaie de renouveler les utilisations de ce papier pour garder cet artisanat actif. Par exemple, pour faire connaître ce papier auprès des jeunes, les écoliers de la ville de Ayabeshi font eux-mêmes le papier qui servira à leur diplôme.

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un enfant en train de faire le papier pour son diplôme

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un diplôme de fin d’étude d’école primaire de la ville de Ayabeshi

On peut faire également soi-même du papier traditionnel « kurotaniwashi » au centre culturel Kurotaniwashi kaikan qui se trouve à Ayabe, dans la préfecture de Kyoto. Pour y aller, de la gare de Kyoto, il faut prendre un train JR de la ligne San-in en direction de l’ouest et descendre à la gare Ayabe et puis prendre le bus Ayabasu et descendre à l’arrêt Kurotaniwashikaikanmae. Il faut environ 2 heures pour y aller de la gare de Kyoto et le billet de train coûte 1 420 yens. L’atelier coûte 700 yens  et il faut réserver une semaine avant. Cette expérience est très populaire auprès des touristes étrangers et auprès des touristes japonais aussi. C’est un peu loin mais c’est une bonne expérience à faire.

A Kyoto, il existe une université appelée Kyoto dentō kōgei daigaku. On peut étudier divers artisanats traditionnels japonais et étrangers comme par exemple, les techniques du dessin ou différentes techniques japonaises. Cette école comprend onze départements, dont celui de la fabrication du papier artisanal, un département céramique, un département sculpture spécialisé dans la fabrication des statues de bouddha, etc. En novembre 2010, l’école a conclu un partenariat avec L’Ecole Boulle à Paris (Ecole Supérieure, Lycée des Métiers d’art, de l’Architecture intérieure et du Design) et chaque année, des étudiants japonais vont en France pour étudier divers arts artisanaux français.

Au Japon, malheureusement, le nombre de personnes qui connaît et qui apprend les métiers d’art diminue. C’est important de garder vivant et de transmettre le patrimoine artisanal aux générations futures et pourquoi pas à la postérité !

Les bains publics

Kaori MORITA et Takuma HIROOKA

Le rituel du bain tient une grande place dans la culture du Japon. De nos jours, on prend le bain chez soi, mais on le prenait autrefois dans un bain public.

Au Japon, on trouve deux types de bains publics

– D’abord, les bains que l’on appelle des «onsen 温泉», existent depuis longtemps. Ils se trouvent près des montagnes en général. Au Japon, comme il y a beaucoup de volcans, l’eau chaude jaillit naturellement. Ce sont des stations thermales qui existent depuis plus de 1000 ans dans la préfecture de Kyoto. L’eau chaude naturelle contient des composants spéciaux et souvent bénéfiques pour la santé. On y allait pour guérir des blessures ou des maladies. Aujourd’hui, on y va pour la santé bien sûr, mais aussi pour la relaxation ou l’amusement. La température de l’eau est de 42 degrés environ.

– Ensuite, nous trouvons les bains publics appelés «sento 銭湯» . On en trouve partout au Japon. A Kyoto, il y a beaucoup de sento parce que c’est une ancienne capitale (à l’époque Heian (794-1185) donc une ville prospère depuis longtemps. Autrefois, il n’y avait pas de baignoire dans les maisons, c’est pourquoi chaque quartier avait son ou ses bains publics. La température de l’eau est de 40 degrés minimum. Dans ces bains publics, il y a plusieurs sortes de bassins. Par exemple : des bassins profonds, des jacuzzi, des bains électriques, des bains d’eau froide, des sauna etc. C’est différent dans chaque bain public.

Les Japonais aiment se détendre en prenant un bain dans la soirée. Dans les bains publics, il y a des douches et des grands bassins pour le bain. On doit apporter tout le nécessaire du bain : son savon, son gant de toilette (au Japon, cela n’existe pas, on se lave avec des petites serviettes), ses serviettes de toilette, etc… L’entrée ne coûte pas cher (410 yens à Kyoto). Il y a le côté réservé aux hommes, otokoyu 男湯 et celui réservé aux femmes, onnayu 女湯. Le kanji qui se lit « yu » est écrit sur les enseignes des bains publics comme ceci : ゆ. Il signifie « eau chaude ».

vue du rideau à l'entrée des bains publics

 

Voila comment on prend un bain dans un sento

Tout d’abord, il faut enlever les chausseurs à l’entrée du bain public, dans les vestiaires. Il y a des paniers à disposition pour les habits et les affaires personnelles que l’on range ensuite dans une consigne.

consignes d’un vestiaire

Ensuite, on entre dans la salle de bain en apportant son nécessaire de bain. Ne pas oublier d’apporter une petite serviette pour s’essuyer avant de sortir.

Avant d’entrer dans un bassin, il faut se rincer légèrement pour entrer dans le bain « propre ». Enfin, on peut prendre son bain ! On peut prendre la douche assis. On trouve des seaux et des petites chaises dans l’espace des douches.

Voici quelques règles pour bien se comporter dans les bains publics au Japon :

– il faut entrer dans les bassins doucement,

– il ne faut pas tremper la petite serviette dans l’eau,

– il faut faire attention à ne pas rester trop longtemps dans le bain si on n’est pas en bonne santé !

– il faut s’essuyer avec une petite serviette pour ne pas mouiller le sol des vestiaires après le bain.

Puis, on se rhabille et c’est tout ! Mais après le bain, les Japonais boivent souvent une petite bouteille de lait ! Ca fait partie du plaisir d’aller au sento. C’est comme une tradition depuis longtemps ! Aujourd’hui, il y a un distributeur de lait dans presque tous les bains publics.

Nous vous recommandons de regarder le film japonais “Termae Romae” dans lequel il y a beaucoup de scènes avec les Japonais au bain public.

Il y a beaucoup de beaux sento à Kyoto. Nous allons vous présenter trois vieux bains publics situés dans la ville de Kyoto.

 

Le bain public Nishiki-yu

rideau indiquant que le bain public est ouvert

Il y a un marché couvert célèbre appelé Nishiki-ichiba à Kawaramachi, au centre de Kyoto. Le bain public Nishiki-yu est situé près de ce marché.

la rue du marché couvert Nishiki-ichiba

Il se trouve dans une maison ancienne, en bois et son enseigne, un rideau de coton appelé « noren » est bleue (photo ci-dessus). On trouve souvent ce rideau de coton devant les boutiques pour éviter que le vent, la lumière du soleil et le froid n’entrent à l’intérieur, pour ne pas être vu de l’extérieur et surtout il indique que c’est ouvert. Dans ce bain public, il y a 5 bassins. Le carrelage sur les murs est rouge ! C’est très beau. Et la température de l’eau est un peu chaude 43 degrés. Des petits concerts ou des petits évènements ont lieu quelquefois. C’est rare dans ce genre d’endroits.

 

Le bain public Yanagi-yu

Il se trouve à l’est de Kyoto. C’est aussi une maison ancienne en bois.

entrée du bain public Yanagi-yu

Il y a 4 bassins. Sa caractéristique, ce sont ses murs. On peut voir de jolis dessins de paysages sur les faïences aux couleurs très belles.

intérieur du bain

Le plus grand représente le temple shinto Heian, un grand temple qui se trouve à Kyoto. Ici, on peut prendre son bain en admirant des paysages de Kyoto. C’est un vrai petit musée !

mur de faience représentant le sanctuaire Heian jingu

 

Le bain public Sagano-yu

entrée de Sagano-yu

Sagano-yu se situe à l’ouest de Kyoto. Ici, ce n’est plus un bain public mais c’est devenu un café qui a conservé la forme du sento. C’est aussi dans une maison ancienne. Les propriétaires ont gardé les murs en carrelage, les miroirs, les douches et les robinets. C’est original et joli et de plus, les plats dont la spécialité est le “pancake” sont délicieux. Ici aussi, on peut assister à des petits concerts parfois.

pancake de matcha (thé vert japonais)

Pour les Japonais, prendre un bain fait partie de la vie quotidienne. C’est vital ! C’est une habitude, un repos et aussi un endroit de communication. On peut faire la conversation, quand on prend le bain avec sa famille ou avec des amis quand on va dans une station thermale. On peut rencontrer ses voisins dans le sento de son quartier.

Nous voudrions vraiment conserver cette culture du bain.

Allez, vous aussi, vous reposer en prenant un bon bain dans un endroit typiquement japonais qui vous fera « vivre un peu la culture japonaise ».

«Bienvenue au sento !»

 

Informations pratiques

– Nishiki-yu (錦湯)

 Adresse: 535 Yaoya-cho, Sakaimachidori-nishikikoujisagaru, Nakagyo-ku, Kyoto-shi

Pour y aller : à pied, de la gare Karasuma (ligne Hankyu) ou de la station de métro Shijo-Karasuma , il faut 3 minutes.

Téléphone : 075-221-6479

Heures d’ouverture : de 16h à minuit

– Yanagi-yu (柳湯)

Adresse: 332, Kikuhoko-cho, Shinyanaginobanbadori-Nioumonkudaru, Sakyo-ku, Kyoto-shi

Pour y aller : à pied, de la gare Sanjo-Keihan, il faut environ 5 minutes.

Téléphone : 075-771-8439

Heures d’ouverture : de 16h à minuit

– Sagano-yu (嵯峨野湯)

 Adresse : 4-3, Sagatenryujiimahori-cho, Ukyo-ku, Kyoto-shi

Pour y aller : à pied, de la gare Saga-Arashiyama (ligne JR) ou de la gare Randen-Saga (ligne Keifuku), il faut 1 minute.

Téléphone : 075-882-8985

Heures d’ouverture : de 11h à 19h30

Devenir une Maiko pour quelques heures

 

                                                                                    de Taki Yoshida et Mihoko Terasaki

deux “Maiko”

 

Qu’est-ce qu’une Maiko ?

C’est une jeune fille, de moins de 20 ans, qui étudie la culture japonaise ; la cérémonie du thé, les chansons traditionnelles, la danse par exemple qu’elle présentera devant des clients dans un restaurant de luxe. Elle porte toujours un kimono magnifique. On trouve des jeunes Maiko particulièrement à Kyoto. 

Aujourd’hui, n’importe quelle jeune fille ou femme « peut devenir une Maiko » pendant quelques heures. C’est une expérience très sympa !

 

Où aller pour devenir une Maiko ?

La réservation :

Le nom du magasin où nous sommes allées : YUMEKOUBOU (夢工房(清水寺店). ( Il dépend du temple Kiyomizu ).

Il y a plusieurs sortes de réservations qui durent de 2h à 4 heures pour la préparation, habillage et maquillage. Il y a aussi les photos en studio et la promenade au temple Kyomizu.

 

Le jour de l’aventure

Si possible, ne vous maquillez pas avant et venez sans vos produits de

maquillage. Vous allez utiliser le salon de maquillage du magasin et leurs

produits (savon, lotion, crème, démaquillant etc …). Quand c’est fini, vous

pouvez prendre le temps dont vous avez besoin pour vous démaquiller et

remaquiller.

 

1     Le maquillage par un professionnelVotre visage blanc va vous surprendre ! 2     Le choix du kimonoSi, c’est trop difficile, on vous aide à choisir.

 

3     Le kimono

C’est toujours un professionnel qui vous met le kimono donc il ne sera pas trop serré.

 4 La perruque

Immédiatement, vous sentez son poids, mais, de plus en plus, vous vous habituerez à la perruque. Elles sont plus légères que les vraies mais elles sont un peu lourdes !

 

  

     5 Les photos au studio du photographe

 

 

6     Les photos libres

 

7     La promenade au temple Kiyomizu

 

Les photos sont envoyées chez vous.

 

Informations pratiques :

YUMEKOUBOU

Adresse : Kyoto-shi, Higashiyama ku, Higashiooji dori, gojo noboru, yukoumae-chou, 583-3, (京都市東山区東大路通五条東上る遊行前町5833 )

Tél : 075-611-08-58

URL : http://www.yumekoubou.info/yoyaku/index.php

Heures d’ouverture : jours ouvrables, de 10h à 20h, samedi et dimanche, de 9h à 20h.

Combien ça coûte ? entre 6000 et 20000 yens  (de 46 à 153 euros environ). De temps en temps, il y a des périodes de promotion.

 

※Remarque : les employés de ce magasin comprennent l’anglais mais

pas le français, c’est dommage !

 

Le diable de Kyôto : le tengu de Kurama.

par Kazuki OHTAKI

diable souhaitant la bienvenue à ses hôtes

Le tengu, qu’est-ce que c’est ?

toile représentant un diable

Le Japon, dit-on, est le pays où existent les dieux et les diables les plus nombreux. On pense qu’il y a huit millions de dieux et de diables au total et ça continue de nos jours. Le tengu est l’un des diables les plus populaires. On le rencontre souvent dans les films, le théâtre, la littérature et dans les publicités aussi. Cependant, traditionnellement, on pense qu’il n’est qu’un diable habitant les régions montagneuses et qu’il joue des tours aux gens qui le rencontrent dans la montagne. Mais au contraire, dans le folklore, on pense qu’il donne des super-pouvoirs qui peuvent rendre fort et brave. C’est parce qu’on croit que le tengu est un être qui relie les humains et les dieux. D’après cette croyance, le tengu est très important pour comprendre la culture japonaise.

 

Où est-ce qu’on peut voir le tengu à Kyôto ?

chemin pour aller au temple

A Kyôto, il y a un endroit remarquable illustrant la croyance au diable tengu, qui s’appelle Kurama. C’est un village de montagne au nord de Kyôto. Dans ce village, il y a le temple Kurama.

C’est un temple très connu pour la  relaxation et la méditation. De plus, le temple est relié à une vieille légende : au XIIe siècle, un jeune homme qui s’appelait Ushiwaka étudia les arts martiaux au temple Kurama pendant dix ans avec le diable tengu. Il devint général d’armée. On peut interpréter cela de plusieurs façons. Par exemple, on peut voir la représentation d’un ascète de la montagne dans ce temple, donc on peut penser que le tengu est cet ascète. En tout cas, le temple Kurama est un centre de bonne énergie.

 

Est-ce qu’il y a des endroits remarquables à Kurama ?

entrée du temple

A Kurama, il y a deux temples populaires et une source. Pour connaître l’histoire et la légende, il faut visiter les deux temples. Et pour se relaxer et apprécier la nature, la source de Kurama est conseillée. Cependant, la route à pied jusqu’à Kurama n’est pas facile. Elle est longue, elle monte et il faut mettre des chaussures de sport. C’est pour ça qu’on ne recommande pas Kurama aux personnes qui se déplacent avec difficulté ni aux personnes âgées.

 

Le temple Kurama

à l'intérieur du temple

Pour accéder à ce temple, il faut monter un très long escalier en pierre. Mais après la montée, un paysage merveilleux vous attend.

*Adresse : 1074 Hon-cho Kurama,Sakyô -ku, Kyôto, Japon

* Accès : 20 minutes à pied depuis la gare de  Kurama sur la ligne Heïzan-Dentetu
* Tél. : 075-741-2003
* Site internet : http://kanko.city.kyoto.lg.jp/detail.php?InforKindCode=1&ManageCode=1000050

 

Le temple shintô Yuki

C’est un temple qui déifie l’eau, c’est pourquoi il est populaire chez les gens qui utilisent l’eau dans leur travail.

*Adresse : 1073 Hon-cho Kurama,Sakyô -ku, Kyôto, Japon
* Accès : 25 minutes à pied depuis la gare Kihune sur la ligne Heïzan-Dentetu.
* Tél. : 075-741-1670
* Site internet : http://www.yukijinjya.jp

 

La source de Kurama

vue sur la montagne de Kurama

On prend un bain en plein milieu de la nature et on peut manger la délicieuse cuisine de Kurama.

Et si on réserve une chambre dans le petit hôtel à côté de la source, on profite pleinement de Kurama.

*Adresse : 1074 Hon-cho Kurama,Sakyô -ku, Kyôto, Japon
* Accès : 15 minutes à pied de la gare de Kurama sur la ligne Heïzan-Dentetu.
* Tél. : 075-741-2131
* Site internet : http://www.kurama-onsen.co.jp/

Le théâtre classique de Kyôto : le kyôgen et le nô

par Kazuki OHTAKI

Savez-vous ce qu’est le kyôgen ?

C’est une comédie traditionnelle japonaise qui dépeint la vie quotidienne. Dans les pièces de kyôgen, on voit la nature humaine à travers un humour merveilleux. Un peu à la manière de la Commedia dell’arte en Italie. Il s’agissait à l’origine d’une forme improvisée plutôt simple, sans texte ni auteur défini. Donc le théâtre kyôgen n’utilise pas beaucoup les instruments ou les décors, il utilise surtout la parole. Il joue avec l’imagination des spectateurs. Pour les étrangers, cela semble difficile à comprendre. Cependant, l’action et l’atmosphère du kyôgen éliminent les difficultés, et nous pouvons en jouir pleinement. Si vous hésitez encore à y aller, vous pouvez aller voir des extraits vidéo de pièces de kyôgen sur internet, sur le site de la famille Shigeyama. Elle représente l’école de kyôgen la plus populaire de Kyôto : http://www.soja.gr.jp/

Et le nô, connaissez-vous cette forme de  théâtre ?

C’est une tragédie traditionnelle japonaise qui dépeint la noblesse. Dans les pièces de , on assiste souvent à une méditation sur la mémoire, le péché et le salut à travers des personnages historiques. Le  nô est un théâtre musical comme l’opéra donc on peut passer un bon moment en regardant une pièce de .

La différence entre le  et le kyôgen

C’est la manière de décrire le monde. Le dépeint le monde dans l’abstrait en jouant de la musique. C’est pour montrer le monde intérieur des personnages. Cependant, au contraire, le kyôgen présente le monde dans le concret avec la parole. Il représente tout, en parlant. On dit que le kyôgen montre le monde extérieur.

La naissance du et du kyôgen

On pense que l’origine de ces deux formes théâtrales vient du théâtre chinois qui s’appelle sangaku et qui a été importé de Chine au VIe siècle. Dans la région de Kyôto, le kyôgen est apparu en même temps que le , au début du XIVe siècle. Progressivement, combinant ainsi deux formes de théâtre contrastées, ils sont souvent joués ensemble aujourd’hui.

Les personnages célèbres du et du kyôgen

Dans les pièces de , on divise les personnages représentatifs en cinq : le dieu et l’homme sont représentés par des grands capitaines, la femme, une belle sans pareille, le fou a perdu son enfant et  le diable s’appelle Tengu. On peut distinguer les personnages grâce à leur masque et à leur costume.

Dans les pièces de kyôgen, on divise les personnages en huit : le dieu est comique, les gens n’ont pas de nom, la femme est peu attrayante, le serviteur s’appelle Tarôkaja ou Jirokaja, le maître et son serviteur, le bonze glouton, les nomades escrocs et le diable est faible. On peut distinguer chaque personnage en fonction de son costume et de sa voix.

Les tarifs des représentations

On peut voir gratuitement des pièces de  et des pièces de kyôgen dans le temple Yasaka et dans les temples Kitano tenmangu et Mibu pendant certaines fêtes, notamment pendant le festival de Gion en juillet et pour la nouvelle année, où des pièces sont jouées plusieurs fois. Cependant, au théâtre, cela coûte 2000 yens au minimum et 8000 yens au maximum. Les tarifs changent en fonction des acteurs et du nombre de pièces donné.

Où et quand peut-on voir des pièces de kyôgen et de  ?

A Kyôto, il y a quatre théâtres de où on joue très souvent donc vous pourrez trouver “facilement” l’occasion de voir des pièces de . Mais si vous cherchez sur Internet, il n’y a pas de site en anglais ni en français.

Le théâtre de Ôé

*Adresse : 646 Tachibana-cho higashiru Yanaginobanba, Nakagyô-ku, Kyôto, Japon
* Accès : 5 minutes à pied de la station de métro Karasuma ôike
* Tél. : 075-231-7625
* Site internet : http://www.asahi-net.or.jp/~tn4m-ooe/index.html
 

Le théâtre de Kanze

* Adresse : 44 Enshôji-machi, Okazaki, Sakyô-ku, Kyôto, Japon
* Accès : 5 minutes à pied de la station de métro Higashiyama Okazaki
* Tél. : 075-771-6114
* FAX : 075-761-6005 
* Site internet : http://www.kyoto-kanze.jp/
 

 Le théâtre de Kawamura

* Adresse : 14-320 Yanagizushi-cho Kamidachiuruagaru, Karasuma, Kamijo-ku, Kyôto, Japon
* Accès : à 150 mètres vers le nord depuis la sortie n° 2 de la station Imadegawa sur la ligne de métro Karasuma
* Tél. : 075 722-8717
* Site internet : http://www.kid97.co.jp/kawamura/index.html
 

 Le théâtre de Kongô

* Adresse : Nakadachiuri-agaru, Karasuma, Kamigyou-ku, Kyôto, Japon
* Accès : à 5 minutes à pied de la station de métro Karasuma Imadegawa 
* Tél. : 075-441-7222 (9:00-17:00) 
*FAX : 075-451-1008
* Site internet : http://www.kongou-net.com/

 

Un tissu typique : “tirimen”

De Haruka Ogata, Megumi Iritani et Saori Shimada

 

«Le tissu typiquement japonais appelé “tirimen” »

Est-ce que vous savez ce qu’est le tissu appelé «tirimen» ? C’est un tissu de soie. C’est le tissu traditionnel de la région de Tango au nord de la préfecture de Kyôto. On appelle «tirimenzaiku» l’art manuel traditionnel de la fabrication de cette étoffe qui est née à l’époque Edo (1603〜1867).

La caractéristique de cette toile «tirimen» est une inégalité visible à la surface mais aussi au toucher, que l’on appelle «shibo», comme un tissu en crêpe. Cette inégalité est produite avec des fils à forte torsion crochetés ensemble dans la trame. Ce tissu est tissé avec des fils de types variés : en soie grège, en rayonne ou en fibre synthétique. Les irrégularités changent diversement suivant la grosseur du fil. Cette méthode a été mise au point pendant les années 1573〜1592. Grâce à cette façon de faire, le tissu «tirimen» se plisse difficilement donc on l’utilise pour la fabrication des kimonos à Kyôto depuis longtemps. C’est une toile que l’on peut recycler parce qu’elle peut être teinte plusieurs fois. C’est économique ! Ce tissu est plus agréable au toucher qu’un autre tissu. En général, le tissu «tirimen» est en soie mais «Tango tirimen» est également en polyester. Il est plus élégant et sèche plus vite. Il est facile à laver aussi donc il est pratique en voyage.

 

Maintenant, on le trouve aussi dans des châles, dans des grands carrés de tissu appelés «furoshiki», servant à envelopper et transporter de menus objets ou dans de petits articles faits à la main et appelés «tirimenzaiku» comme des petites poupées, des fleurs (presque toujours des fleurs de cerisier) ou des gadgets en forme d’animaux.

Il y a aussi des accessoires pour les vêtements traditionnels japonais, comme par exemple l’ornement des longues épingles à cheveux richement décorées qui mettent en valeur les coiffures japonaises traditionnelles «kanzashi», ou des boucles d’oreilles, etc… . On trouve aussi des objets décoratifs différents suivant les saisons comme la saison des pluies par exemple. On peut l’acheter dans des boutiques à Kyôto.

Il y a beaucoup de motifs comme des fleurs, des animaux et il y a des tissus unis aussi. Ce sont souvent des tissus très colorés.

Ce n’est pas très cher en général mais certains objets faits en «tirimen» sont un peu chers mais ils sont très jolis. Nous vous conseillons de les changer à chaque saison, c’est amusant et votre environnement sera plus agréable.

Cela coûte entre 1500 et 2000 yens (entre 10 et 20 euros). On peut les acheter dans les magasins de souvenirs.  On peut y mettre des livres mais on peut envelopper tout ce qu’on veut transporter, par exemple, des vêtements, son panier repas (bentô), une boîte de gâteaux, etc. Si vous avez un de ces morceaux de tissu, vous pouvez emballer n’importe quoi avec, comme par exemple les souvenirs pour vos amis et votre famille. De plus, vous pouvez l’utiliser longtemps car c’est très solide.
Au Japon, maintenant, il y a beaucoup de Jeunes qui portent des choses diverses de cette manière (en japonais : «mochi aruku», «mochi» pour porter et «aruku» pour marcher) avec le tissu «tirimen».

Aujourd’hui, le «Tango tirimen» est fabriqué à base de matériaux de pointe ce qui donne des tissus toujours très différents à chaque fois. Il est populaire. On peut voir des kimonos faits avec. C’est typique de la préfecture de Kyôto.

Nous vous recommandons d’en rapporter comme souvenir !

Il y a beaucoup de magasins à Kyôto où on peut acheter toutes sortes de choses faites avec cette étoffe, comme par exemple le magasin «Kyôto Nazome ya». Pour y aller, la gare la plus proche est la gare de Saga-Arashiyama (ligne Saninhonsen JR) ou la gare Arashiyama avec le petit train rouge et jaune à l’ancienne (torokko). C’est à 15 minutes à pied.
Pour en savoir plus : http://www.nazomeya.com/

 

« les ouvrages en tissu de crêpe japonais : “tirimenzaiku”»

Le tissu de crêpe japonais, appelé «tirimen» est en usage non seulement pour la fabrication des kimonos, mais aussi pour ce que l’on appelle «tirimenzaiku», c’est à dire l’art manuel traditionnel japonais qui a 300 ans d’histoire depuis l’époque Edo et est pratiqué par les femmes dans la vie quotidienne. Il y a beaucoup de sortes d’objets décoratifs ou des petits sacs, des porte-monnaie, etc. Plus récemment, dans les années 90, ils sont populaires auprès des enfants et des adultes.

Exemples de petits objets décoratifs

des poissons rouges

Ce sont des objets décoratifs en forme de poisson rouge qui rappellent l’été.
On peut voir aussi la représentation d’un petit bassin d’eau (kingyosukui) où l’on peut attraper avec un petit tami (poi) des poissons rouges pendant les fêtes ou festivals.

des aliments

On peut voir une variété de gâteaux traditonnels japonais comme des sushi par exemple. Il y a beaucoup de choix ! La vendeuse du magasin recommande ces articles comme cadeau à faire pour sa famille ou à ses amis.

des porte-monnaie

Les motifs sur les porte-monnaie sont en général, des dessins typiquement japonais. On peut voir des porte–monnaie en forme de grenouille, populaires auprès des enfants.

Tous ces objets sont faits en crêpe japonais, un tissu très doux qui calme quand on le touche.

Exemple de magasin

tirimenzaikukan ~ devant le Temple d’or (Kinkaku ji) ~
Ce magasin propose un grand choix d’articles, par exemple des peluches, des gadgets pour téléphone portable, des objets décoratifs, des petits sacs, des petites serviettes, etc. Et il y a des séries spéciales pour chaque saison. Le magasin est ouvert de 9 h30 à 17 h30.

Pour aller dans ce magasin : en bus de ville (les bus verts) → Prenez les numéros 205 ou 101, descendez à l’arrêt Kinkaku jimichi. et c’est à 1 minute à pied en direction du sud. Ce magasin est facile à trouver parce qu’il est près de la rue qui mène au Temple d’or.

Pour en savoir plus : http://www.chirimenzaikukan.com/

Les jeunes filles “Maiko”

Par Misaki Nishida et Mizuka Yoshimura

des jeunes Maiko

Pour devenir une «Maiko» ….

Les femmes qui ont entre 15 et 20 ans peuvent devenir “Maiko”. Elles devront étudier, pendant un an, l’art floral, les danses traditionnelles, les bonnes manières pour recevoir. Elle devront travailler dans le restaurant de leur patronne.

Les différents styles de “Maiko” :

Une “Maiko “est une jeune femme très brillante et élégante comme on pouvait en voir déjà à l’époque Edo (1600-1867).

Savez-vous ce qu’est un «kanzashi» ? C’est un accessoire pour coiffures. Sa forme est différente suivant le mois de l’année. Par exemple :

en février → en fleur de prunier,

en avril → en fleur de cerisier,

en octobre → en fleur de chrysanthème etc….

Les cheveux des Maiko sont leurs propres cheveux. Il y a une grande variété de styles de coiffure. Une “Geiko”porte une perruque et elle fait sa toilette elle – même. La première année, elle se maquille seulement la lèvre inférieure. Le reste de son visage est maquillé en blanc. C’est le même maquillage utilisé depuis longtemps. On dit «oshiroi» parce qu’ aux temps où on utilisait une bougie comme source de lumière, on pouvait voir le visage des Maiko clairement dans le noir. Elle porte un kimono. Une Maiko n’a pas de kimono personnel. Elle l’emprunte à son hôtelière. Elle porte ce qu’on appelle des «furisode» en japonais, c’est à dire des kimonos à manches très longues. Mais elle en porte aussi avec des manches un peu courtes parce qu’elle ressemble à des enfants pour les visiteurs. Une “Geiko” porte des kimonos appelés «tomesode» qui désignent des kimonos avec des manches encore plus courtes.
Les chaussures d’une Maiko s’appellent «okobo». C’est une sorte de sandale très haute.

une jeune et jolie Maiko

Où peut – on voir des “Maiko” à Kyôto ?

A Kyôto, il y a 5 quartiers (Hanamachi) où habitent les Maiko : «Gion kôbu » «Pontochô» , «Kamishichiken», «Miyagawa chô» et «Gion higashi».

Gion kôbu

C’est près du sanctuaire Kennin ji. C’est le plus grand quartier (Hanamachi) des Maiko.

Pontochô

C’est dans le quartier de Nakagyô, entre la rue Shi jô et la rue San jô , parallèle à la rivière Kamogawa , côté ouest, près de la rue Kiyamachi.
L’origine du mot Pontochô est portugaise : le «pon» de Pontochô était à l’origine le son du tambour, ce qui a donné le nom Pontochô.

Kamishichiken

C’est dans le quartier de Kamigyô ku. A l’origine, il y avait des maisons de Maiko près du temple Kitano tenmangu, à l’époque Muromachi (1392-1573).

Miyagawa chô

C’est dans le quartier de Higashiyama à Kyôto, à l’est de Shijô. Miyagawa veut dire la rivière aux sanctuaires.

Gion higashi

C’est dans le quartier de Higashiyama à Kyôto. A l’origine, les maisons de Maiko se trouvaient dans le temple de Yasaka jinja. Gion higashi est la partie Est de la ville de Gion kôbu, qui est devenue indépendante en 1881.

La boutique «Yume kôbu»

Il y a beaucoup de magasins dans Kyôto où vous pouvez essayer le style de Maiko.

La maison de thé qui s’appelle «Yume kôbu» a 3 magasins dans la ville de Kyôto : il y en a un près de la gare JR de Kyôto, un autre à cinq minutes à pied du temple Kiyomizu dera et bien sûr, un qui se trouve dans le quartier de Gion : «Machiya Shinkan» est une «machiya» de 100 ans dans le centre de Gion. Une “machiya” est une vieille maison traditionnelle typique de Kyôto qui sert de commerce et d’habitation.

Si vous voulez «devenir une Maiko», vous pouvez le faire mais il faut réserver parce qu’il y a beaucoup de possiblités dans les magasins qui proposent des tenues de Maiko ! Vous pouvez réserver par téléphone ou par Internet.

Voici les références d’un magasin (homepage en anglais aussi) :
N°tél :075-661-0858  URL :http://www.yumekoubou.info/english/index.html

Si vous avez l’occasion de venir à Kyôto vous pouvez aller manger dans les restaurants où il y a des Maikos mais c’est très, très cher ! De plus, vous pouvez aussi voir des Maiko dans les rues de Gion (quartier central, animé de Kyôto).
Les Maiko sont des jeunes femmes vêtues de kimonos traditionnels japonais dans lesquelles nous retrouvons tout le charme des femmes japonaises.