“kôdô”, l’art de l’encens

April 19, 2008

de Naho Nishikimi et Haruka Mori

 

cérémonie de l'encens

~ Qu’est-ce que le “kôdô” ? ~

Le “kôdô” ou en un mot, l’art de l’encens, est une cérémonie pendant laquelle les participants brûlent des petits morceaux de bois parfumés et ensuite essaient d’en reconnaître les parfums. Deviner les différents parfums n’est pas la chose la plus importante au départ. Il faut d’abord jouir des odeurs et se sensibiliser à l’image des fragrances dans le but de s’élever spirituellement. Lorsque l’on pratique cet art, il n’y a pas d’expression propre à la cérémonie de l’encens. Une grande distinction est faite entre l’art du “kôdô” et l’art du “sadô” (la cérémonie du thé), qui font partie de la culture japonaise touchant au moral et au spirituel.

La cérémonie des fragrances combinées, appelée «kumiko» ne se retrouve pas dans la cérémonie de l’art du “sadô”. On brûle plusieurs essences les unes après les autres tout en jouissant pleinement des parfums et en jouant à reconnaître les noms des bois qui se consument. Pendant la cérémonie de l’encens, les amateurs de parfums mais aussi les gens lettrés et les gens de culture choisissent un thème avec au moins deux sortes de parfums. Ils doivent alors reconnaître les parfums proposés, en les reliant à une oeuvre littéraire du monde de la littérature classique.

~ la cérémonie de l’art du “kôdô” ~

Lors de cette cérémonie, tous les participants se retrouvent dans une salle recouverte de tatamis.

1. Tout d’abord, on ensevelit dans des cendres un petit charbon de bois dans un brûle-parfum.

2. On met une fine plaquette de mica appelée «ginyo» sur le charbon de bois qui va ainsi consumer les minuscules morceaux (de 3 mm environ) de bois parfumés.

3. On pose sa main gauche sous le brûle-parfum, que l’on couvre de sa main droite. Ensuite, on «écoute» le parfum entre son pouce et son index que l’on rapproche de son nez.

~ Histoire de l’art de l’encens “kôdô” ~

● En l’an 595, à l’époque de l’Impératrice Suiko (554-628), un premier arbre au bois parfumé est retrouvé échoué le long des côtes du Japon. D’autres arbres sont alors importés d’Inde, avec la venue du bouddhisme en l’an 603. L’art du “kôdô” se développe alors comme un composant indispensable des cérémonies bouddhiques.

●En l’an 1000 environ : l’art de l’encens ‘kôdô” n’est plus seulement une offrande à l’âme d’un défunt. Une nouvelle coutume apparaît chez les nobles qui commencent à utiliser ces essences parfumées pour embaumer les pièces de leurs habitations et à en mettre dans les vêtements. Ils créent leurs propres parfums dont les compositions restent secrètes et se disputent la supériorité de leurs fragrances. Cela devient un jeu dont les formules changent à chaque saison.

●En 1400 environ : c’est à partir de l’époque Sengoku (en 1470 environ) que cet art particulier japonais va s’établir comme un élément culturel total. Les trois différents arts : l’art du “sadô”, l’art du “kâdô” (l’art de l’arrangement floral ou ikebana) et l’art du” kôdô” vont être reconnus à cette époque. L’art du kôdô est désormais considéré comme faisant partie de la culture japonaise.

● En 1600 environ : l’art du “kôdô” se propage jusqu’au peuple dès 1601.

● A l’époque contemporaine : de nos jours, le parfum est utilisé pour couvrir les mauvaises odeurs mais aussi surtout pour le plaisir de se parfumer et de sentir bon. Il fait partie de la personnalité d’une personne, et sert également d’anti-stress. Le parfum est un élément indispensable à l’époque d’aujourd’hui.

Leave A Comment...

*