Les gâteaux Kyōgashi

July 16, 2018

Chigusa KANAI-Mikoto OTA

 Kyōto est une ville très riche en pâtisseries diverses. On appelle les gâteaux de Kyōto, les gâteaux kyōgashi. Le kanji « kyō » est le premier kanji de « Kyōto » et le kanji « gashi » signifie « gâteau ».

 

 des gâteaux kyōgashi

À la fin de l’ère Muromachi, vers 1466 les gâteaux appelés namban ont influencé les gâteaux kyōgashi. Namban est une région du Portugal. Dans les douceurs appelées nambangashi on trouvait le gâteau castella (une sorte de génoise) et les bonbons kompeito de Namban.

le cake castella             

       

les bonbons kompeito

Les douceurs traditionnelles japonaises étaient peu sucrées mais elles sont devenues plus sucrées sous l’influence des douceurs venues de l’étranger, notamment du Portugal.

A Kyōto, autrefois, on mangeait des gâteaux pendant des fêtes spéciales souvent religieuses, dans les temples et les sanctuaires. Par exemple pour fêter la nouvelle année, à la Fête des petites filles (le 3 mars de chaque année) ou pour une cérémonie de mariage mais aussi pour apprécier une nouvelle saison. Ils étaient réservés aux gens aisés. On les dégustait en buvant du thé vert.

Les gâteaux kyōgashi font appel à nos cinq sens : le gout bien sûr, mais aussi la délicatesse de leur forme, la couleur qui réjouit la vue, la saveur de tous ces ingrédients qui caresse l’odorat, l’effet d’élasticité du gâteau qui satisfait le toucher du palais et le nom de chaque pâtisserie qui stimule l’oreille.

Nous allons vous présenter un gâteau et une sucrerie kyōgashi. Tout d’abord, le gâteau appelé sakamanjū.

 

deux gâteaux sakamanju

C’est le plus ancien du Japon et il est à l’origine de tous les autres gâteaux appelés manjū. Ces gâteaux sont faits à base de farine de blé et fourrés de pâte de haricots rouges.

un gâteau sakamanjū

La pâte du gâteau sakamanjū est aussi à base de farine de blé et de sucre qui a fermenté dans du saké. Ce gâteau est également fourré d’une pâte de haricots rouges sucrée. Comme il sent le sake, il a été nommé sakamanjū.

On sent très fort la bonne odeur du saké et aussi en le mangeant. Il est très différent des autres gâteaux manjū.

Ici, ce ne sont pas des gâteaux mais des sucreries appelées  goshikimame.

les sucreries gashikimame

Elles ont été produites pour la première fois en 1887. « goshikimane » signifie « pois de cinq couleurs ». Il était bien vu à cette époque d’en offrir à l’empereur Taisho (début du XX e siècle).

Cette sucrerie est saupoudrée d’un sucre coloré marron, vert, jaune, rouge, ou blanc :

  • la couleur marron représente l’eau,
  • le vert représente les arbres,
  • le rouge représente le feu,
  • le jaune, le sol,
  • et le blanc représente l’or.

La forme du pois symbolise la terre. On en mange pour la Fête des petites filles et la Fête de Setsubun à la veille du printemps selon le calendrier lunaire. Ces cinq couleurs signifient aussi le bonheur. Ils sont fabriqués de façon artisanale. Un paquet de 125 grammes coute environ 500 yens (environ 4 euros).

Aujourd’hui, les gâteaux kyōgashi peuvent être dégustés avec du thé vert, à tout moment, par exemple, quand nous avons des visiteurs.

Il y a beaucoup de sortes de confiseries et de gâteaux kyōgashi. Les gâteaux kyōgashi les plus chers peuvent couter jusqu’à 5 000 yens (environ 40 euros), une boîte de 10 gâteaux comme sur la photo 1. Ils sont vraiment spéciaux ! Les premiers prix sont d’environ 300 yens. On peut en acheter dans les magasins de souvenirs et les supermarchés.

Si vous venez à Kyoto, profitez non seulement des temples et des sanctuaires, mais aussi goutez les gâteaux kyōgashi. Ils seront toujours assortis à la saison. Tout en les dégustant, profitez des beautés de Kyoto.