Trois grandes fêtes à Kyôto

April 18, 2008

de Masaya Ochiai, Jun Kajita et Masaya Tsujimura

 

A Kyôto, il y a beaucoup de fêtes très intéressantes durant toute l’année. Nous allons vous en présenter trois : la fête de Aoi , la fête de Gion et la fête de Obon.

La fête de Aoi

Tout d’abord, nous vous présentons la fête de Aoi (fête de la rose trémière, 葵祭り Aoi Matsuri), dont le nom officiel est «la fête de Kamo». Elle a lieu au temple de Shimogamo et au temple de Kamigamo, le 15 mai de chaque année.

Son origine remonte à plus de 1400 ans. L’empereur Kimmei (539-571) s’ennuyait. Il faisait très mauvais : il pleuvait beaucoup, le vent souffait très fort. Les récoltes de grains étaient très mauvaises. Un diseur de bonne aventure, au sanctuaire Kamo, prédit que les dieux étaient en colère et lui dit : «Il faut faire une fête pour remercier les dieux, le 15 mai. Pendant la fête, des chevaux porteront une clochette et feront des compétitions et les hommes porteront une sorte de cloche (shishigashira).» L’empereur accepta et envoya des nobles faire des offrandes dans ces temples. Les tempêtes s’arrêtèrent et les récoltes furent bonnes.

Après la fondation de Kyôto, en 794, le premier empereur de Kyôto, Kammu (781-806) décida de créer ce festival et d’en faire une fête impériale. Mais c’est à l’époque Heian que cette fête est vraiment devenue très célèbre. Aujourd’hui, c’est une reconstitution du défilé de cette époque. Vous pourrez y admirer les costumes et vêtements traditionnels et découvrir ainsi la vie à la cour impériale de l’époque. Il y a aussi de nombreux chars tirés par des chevaux et des boeufs. Parce que cette fête se tient depuis si lontemps, nous devons continuer de l’organiser et perpétuer ainsi le souvenir de cette fête de la noblesse.

La fête de Gion

La deuxième fête que nous vous présentons est la fête de Gion, Gion Matsuri. C’est une fête traditionnelle plus populaire et une des fêtes les plus connues au Japon. Elle date d’environ 1100 ans. Elle a lieu du début à la fin du mois de juillet. Chaque année, plus de cent mille visiteurs viennent y participer. Le jour principal est le 17 juillet. Ce jour-là, 32 chars appelés «yama» (23) et «hoko» (9), décorés de magnifiques tapisseries, défilent dans la ville. La fête de Gion a été organisée pour honorer l’empereur Gozo. Au début de l’époque Heian, une épidémie de peste se propagea dans le pays en raison du manque d’hygiène et de la densité de la population. Les gens du peuple défilèrent dans la ville en priant pour apaiser la malédiction qui la frappait. Ce défilé devint une fête annuelle dès 970.

Les chars «hoko»
Un char pèse près de 10 tonnes en moyenne. Sa hauteur est d’environ 25 mètres. Chaque année, on assemble les pièces de bois pour le reconstruire. On n’utilise pas de clou, seulement des cordes. Même s’il bouge, il ne s’écroule pas parce que sa construction lui laisse de la souplesse. Il faut 180 personnes pour bâtir un «hoko» et il faut environ 35 personnes pour le tirer, pendant la parade.

Les chars «yama»
Chaque char pèse environ 1.4 tonne en moyenne. Le char appelé «yama» est porté sur les épaules. Il faut environ 20 personnes pour le porter. Il est décoré de poupées, de branches de pin, etc. C’est très beau.

Cette fête traditionnelle a connu des changements. On a souvent dit que la fête de Gion était traditionnelle, ce qui peut signifier qu’elle est toujours la même depuis son origine. Mais son contenu a souvent changé au cours du temps. Il n’y a vraiment que certains des chars «yama» et «hoko» qui gardent la signification originale de cette fête. D’autres ont désormais d’autres inspirations : par exemple l’un d’eux représente une légende de Chine. Il était interdit aux femmes de participer à la fête de Gion à l’époque Edo. Cette règle existe toujours mais on commence à permettre aux femmes d’y participer. C’est ainsi que la fête de Gion change.

La fête de Obon

La troisième fête que nous allons présenter s’appelle Gozan no okuribi ( 五山送り火 ) plus connue sous le nom de Daimonji (大文字) ou le festival de Obon. C’est une des grandes fêtes boudhistes traditionnelles de Kyôto qui marque la fin de l’été pour honorer les âmes des défunts. Chaque année, le 16 août, à partir de 19 heures 30, dès la nuit tombée, des feux sont allumés sur cinq collines qui entourent la ville de Kyôto. Au Japon, dans la religion bouddhiste, on croit que les âmes des ancêtres viennent nous visiter pendant l’été. Ainsi, le 16 août, le dernier jour de l’été, les feux les aident à repartir dans l’autre monde et nous leur faisons une dernière fête. On pense que cette coutume a commencé en 794 mais en réalité, il n’y a pas d’archives certaines parce qu’elle a commencé comme une tradition populaire et non par les généraux de cette époque.
Les feux sont alimentés par des petits morceaux de bois «gomaki» diposés en un tas de 150 cm environ. On peut trouver ces petites bûches pour 300 yens dans les temples bouddhistes, avant le festival. On peut y inscrire un voeu qui, croit-on, se réalisera ou le nom de sa maladie pour en guérir par exemple. De plus les charbons de bois servant à allumer les feux, jouent un rôle de talisman et peuvent exorciser le mal. Le feu se trouvant sur la montagne Higashiyama par exemple est aussi large que la montagne, soit environ 80 m sur 160 m de long. Il faut pour chaque feu, environ 200 à 600 bûches. Ils sont très grands et se dessinent dans le ciel de la nuit très clairement.

Voici quelques endroits d’où l’on peut bien les voir :
*Pour voir les feux des montagnes de Higashiyama et de Nishigamosenyama, le meilleur endroit est de la gare de Demachiyanagi (ligne Keihan).
*Celui de Matsugasaki, allez aux alentours de la digue de Koyagawa.
*Celui de Kitayama, rendez-vous près du Temple d’or, au niveau de la rue Nishioji.
*Celui de Torii, vous pourrez bien le voir depuis les alentours du pont Togetsu ou du pont Matsuo à Arashiyama.

1.http://www.kyoto-np.co.jp/kp/koto/aoi/aoi.html
2.http://www.kyoto-np.co.jp/kp/koto/gion/gion.html
3.http://www.kyokanko.or.jp/3dai/daimonji.html

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