La ficelle kyokumihimo

July 16, 2018

Par Aya Hoshino

De 794 à 1868, Kyoto fut la capitale du Japon et elle a été ensuite déplacée à Tokyo. Durant toute cette période, la famille impériale habitait à Kyoto et ainsi Kyoto était le centre politique du pays.

Tout au long de ses années, la culture japonaise s’enrichit de nombreux objets d’arts traditionnels de la vie quotidienne, objets que nous voyons et utilisons encore aujourd’hui comme par exemple, l’étoffe nishijin-ori tissée à Kyoto et l’éventail Kyosensu.

une étoffe nishijin-ori

                       un éventail kyosensu

La ficelle appelée kyokumihimo fait partie de ces objets traditionnels typiques de Kyoto. Elle est très belle et elle était offerte respectueusement à la famille impériale.

Je vais donc vous présenter la ficelle kyokumihimo « kyo 京 » est le premier kanji de « Kyoto », « kumi  組 » signifie « tricoter » et « himo  紐 » signifie « ficelle », ainsi littéralement, « la ficelle faite à Kyoto ».     

 

« Qu’est-ce que c’est, la ficelle kyokumihimo ? »

 

C’est une ficelle tricotée avec des fils de soie et de coton. Elle est arrivée au Japon, de Chine, à l’époque Nara (710-794). On l’utilisait pour vénérer les dieux et Bouddha, ou plus simplement pour renforcer les ceintures de kimono (obi) mais aussi comme ornement puis à d’autres tâches, à l’époque Heian (794-1185).

 

À l’époque Kamakura (1185-1333), on l’employait dans l’armure des casques des samouraïs ou comme ornement dans les cheveux.

     

  un casque de samouraï

Maintenant, elle est utilisée pour faire des cordelettes qui servent plutôt comme un accessoire. On l’a même vue dans des chaussures de la marque américaine Nike, combinée à la tradition japonaise, en 2001. La ficelle kyokumihimo évolue avec le temps.

 

« Tisser sa propre ficelle kyokumihimo »

Elle est très belle mais on imagine peut-être que c’est difficile de la faire. En fait, n’importe qui peut en faire une assez facilement. Il y a des lieux à Kyoto, où on peut faire l’expérience de tisser une ficelle kyokumihimo.

Un des endroits où je suis allée, s’appelle Adachi-kumihimokan (安達くみひも館), qui est un lieu de tissage de cette ficelle et où l’on peut aussi en voir en exposition. C’est une galerie-atelier. Elle est située dans le centre de Kyoto, près du palais impérial de Kyoto. J’ai pu faire ma propre cordelette kyokumihimo. C’était très intéressant et plus facile que ce que je croyais. Ça m’a fait ressentir encore plus ma culture parce que mes ancêtres le faisaient déjà et ils nous ont sensibilisés à la beauté et à la délicatesse particulières, même dans les objets du quotidien. Et puis le temps est passé et l’art est resté !

 

  des bobines marudaï

Autrefois, l’utilisation de cette ficelle faisait donc partie de la vie quotidienne. On l’utilisait pour ficeler des objets ou pour nouer quelque chose. Aujourd’hui, c’est plus un ornement voire un bijou comme un bracelet par exemple.

 

                  

              des petites attaches

           

                des bracelets

  le bracelet que j’ai fait ….

« Comment se rendre à Adachi-kumihimokan ? »

De la gare de Kyoto, prendre le métro de la ligne Karasuma et descendre à la station Marutamachi. Ensuite, marcher dans l’avenue Karasuma-dori en allant au nord jusqu’à la rue Demizu-dori puis à l’ouest pendant environ 10 minutes.

Ce centre est ouvert de 9h00 à 16h00. Cela coute 500 yens pour les adultes et 300 yens pour les collégiens et les enfants, pour entrer et admirer l’exposition et si vous voulez tisser votre propre cordelette, cela coute 2 160 yens avec le droit d’entrée compris. La séance dure une heure.

Il faut réserver par téléphone ou par fax et compléter un formulaire que l’on trouve sur le site internet Adachi-kumihimokan. C’est en japonais donc si possible, faites-vous aider par une personne de votre entourage.

 

J’espère que les arts traditionnels japonais vous intéressent et plus particulièrement l’art de la ficelle kyokumihimo. Vous pouvez tisser votre cordelette vous-même en souvenir de votre séjour à Kyoto.