Le thé “macha”

April 20, 2008

Par Masaya Ochiai, Masayo Tujimura et Jun Kajita

Nous allons vous présenter  le thé vert en  poudre appelé «macha» (ou «matcha»). Le procédé de fabrication de ce thé est différent du thé appelé «sencha», qui est du thé vert japonais en feuilles. D’abord, on fait sécher le thé vert et on l’étuve. Ensuite, on le réduit en miettes et on élimine les impuretés. Puis on le moud avec une meule de pierre, appelée «chausu» en japonais. A l’époque Edo (1603-1868), on le buvait souvent fraîchement moulu. Pendant la cérémonie du thé appelée «sadô», on boit du «macha» moulu la veille.
Généralement, son goût semble très amer. Nous aussi, nous l’imaginions très amer parce que nous n’en avions jamais bu. Mais au fond, après l’avoir goûté, c’était bon et moelleux. Le «macha» de bonne qualité est sucré et n’est pas âcre. Ce n’est pas seulement une boisson.

Maintenant, on l’utilise souvent dans la nourriture, par exemple comme un parfum pour glace ou dans un parfait glacé, dans la pâtisserie ou même dans les beignets appelés «tempura». Il convient parfaitement pour toutes les douceurs ou friandises parce qu’il est un peu amer. Son amertume fait ressortir la douceur des friandises et la saveur des plats dans lesquels il est utilisé.
Selon une enquête faite entre 1999 et 2007, le thé «macha» est le troisième parfum le plus populaire, pour les crèmes glacées, après la vanille et le chocolat. C’est donc un parfum très aimé des Japonais.

Le thé vert est très bon pour la santé. Il contient des vitamines, du tanin, de la caféine et des aminoacides, etc… Il a donc des effets variés sur nous :

  • pour dissiper l’impression de sommeil,
  • pour la prévention du vieillissement,
  • contre le cancer grâce à ses effets bénéfiques.

Le corps peut assimiler tout ce que le thé contient lorsqu’il est en poudre parce qu’elle est complètement dissoute dans l’eau chaude. Dans le cas du thé vert en feuilles par exemple, on ne mange pas les feuilles.
Le thé vert est aussi très utilisé dans la vie quotidienne. Les Japonais s’en servent pour des usages variés : par exemple, on peut frotter une marmite en fer avec du marc de thé pour la prévention contre la rouille. On en met aussi dans le bain. C’est aussi un très bon engrais.

Kyôto est le lieu de production du «matcha» le plus connu au Japon. Les quantités produites sont en baisse mais on y produit un «matcha» de bonne qualité. Kyôto a une longue histoire et est riche culturellement. C’est une ville attrayante, notamment grâce au «matcha», dont l’histoire est aussi très longue.

L’origine du thé vert :

Il y a environ 800 ans, à l’époque Kamakura (1185-1333), Eisai (un moine de la secte bouddhiste Rinzai) a rapporté de Chine des graines de thé. Cela marque le commencement de la consommation de thé au Japon. Eisai a écrit un livre qui décrit les effets du thé vert et la méthode pour bien le préparer.
Au début de l’époque Kamakura, la consommation de thé s’est répandue dans la noblesse et chez les bonzes. Vers la fin de cette époque, le thé est devenu une boisson populaire mais d’une manière différente : les gens buvaient des feuilles de thé sous la forme d’une poudre dissoute dans de l’eau bouillante et non pas en infusant les feuilles. Le thé s’est popularisé en même temps que la propagation du bouddhisme donc il y a une relation profonde entre la religion bouddhiste et le thé.
Par la suite, Myoueshounin (un moine de la secte Kegon), ami intime de Eisai, a partagé son expérience de la méditation appelée «zazen» avec d’autres moines, en leur expliquant les effets bénéfiques du thé pour garder l’esprit tranquille et être en bonne santé.
Il a reçu des graines de thé de son ami Eisai et a commencé à cultiver cette plante à Toganô, dans la région de Kyôto. Ses efforts ont été récompensés : le thé de Toganô a été reconnu comme un très bon thé. Il en a planté aussi à Uji, près de la ville de Kyôto. Uji a un sol fertile, qui convient bien à la culture du thé, culture qui s’est répandue par la suite dans tout le pays.
A l’époque Muromachi (1336-1573) , Yoshimitsu ASHIKAGA (troisième général de Muromachi) adorait le thé vert. Il a planté de nombreux champs de thé. Nobunaga ODA et Hideyoshi TOYOTOMI, deux samouraïs, buvaient souvent du thé pendant leurs longues batailles. Hideyoshi organisait souvent des cérémonies du thé.
La tradition est née d’accueillir des invités et de leur offrir du «matcha». Cette cérémonie a pris le nom de «chanoyu» et a été transmise de descendants en descendants jusqu’aux élèves qui la pratiquent encore aujourd’hui.
Le «matcha» est indispensable à la cérémonie du thé. Le thé vert se rattache à l’esprit japonais et reflète bien sa culture.

La façon de faire le «matcha» :

Le «matcha» se prépare à partir du «tencha», thé qui est la matière première du «matcha». Tout d’abord, on cueille les pousses de thé, on les étuve, on les fait sécher sans frotter et on les moud. On obtient alors la poudre de «matcha» que l’on mélange ensuite avec de l’eau chaude. La couleur est un vert éclatant, avec un peu de noir et de brun. On fouette à l’aide d’un petit instrument en bambou appelé «tyassen». Des bulles apparaissent à la surface de l’eau. Il ne faut pas laisser de grumeaux : lorsqu’on verse l’eau dans la tasse, il faut rapidement mélanger.

Voici une façon de bien préparer et de bien réussir le «matcha».

Pour une personne : 2 grammes de thé, de l’eau chaude (60 ml), la température de l’eau étant à 80°.
a) mettre la poudre de «matcha» dans la tasse (tamiser la poudre par avance pour ne pas laisser de grumeaux),
b) ajouter un peu d’eau chaude (8 à 10 ml),
c) mélanger à l’aide du fouet de bambou,
d) ajouter de l’eau chaude bouillie (50 à 52 ml),
e) diluer le tout très rapidement en battant avec le fouet, tout en tenant fermement le bol avec la main.
Lorsque le bol est rempli de mousse, la boisson est prête !

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